Après un mois de compétition, l’Euro 2016 a tiré sa révérence sur la victoire finale du Portugal. Malgré certaines craintes notamment liées à la sécurité, l’événement a plus ou moins bien été maîtrisé, si on excepte la rencontre Angleterre-Russie. Mais au niveau du jeu, quels sont les enseignements principaux à retenir ?

La contre attaque privilegiée à la constrcution
A l’inverse des précédentes compétitions internationales, l’avantage a tourné en faveur des équipes défensives. Lorsqu’on utilise le mot “défensive” il faut comprendre “pas à l’aise pour faire le jeu” ou “préfère évoluer en contre. Sur les 4 demi finalistes, trois d’entre eux ont pratiqué cette tactique avec la victoire finale pour les portugais. Si on regarde de plus près, hormis l’Allemagne, l’Espagne et dans une moindre mesure l’Italie, la Croatie et la Hongrie, toutes les équipes ont opté pour la prudence à défaut de l’audace. Résultat, des matchs soporifiques où les actions offensives se comptent sur les doigts de la main. Les matchs couperets ont été majoritairement fermés avec une faible prise risque. Une sorte de Ligue 1 à la sauce internationale avec des équipes qui attendent plus qu’elles n’entreprennent.

Des coachs décisifs
Doit on parler pour autant de nouvelle tendance ? Pas sur. En revanche, il devient évident que pour aller loin, ces équipes doivent avoir un homme fort à leur tète. Ces meneurs d’hommes, ces leaders pour qui les joueurs seraient prêts à se faire couper une jambe pour le bien du collectif. Simeone le démontre depuis plusieurs années avec l’Atletico Madrid. Il est donc logique que Fernando Santos, Deschamps, Conte pour les plus connus ont suivi cette méthode exigeante mais payante de fédérer un groupe autour d’un seul et unique objectif. Quitte à délaisser le jeu pour privilégier le sacro saint résultat. Pas toujours réjouissant pour les supporters…

Des maledictions brisées
Depuis plusieurs décennies, certaines oppositions entre pays finissent toujours de la même manière. On a notamment parler de malédiction pour la France face à l’Allemagne, de cette même Allemagne face à l’Italie et enfin celle du Portugal face à la France.En l’espace de 3 rencontres, ce sont pratiquement une centaine d’années de disette et de traumatisme pour les maudits qui se sont effacées. Cependant, chaque équipe qui a vaincu son signe indien s’est fait sortir au tour suivant. Simple coincidence ou décompression coupable ? Un peu des deux…

L’Espagne malade, l’Angleterre humiliée
L’autre particularité de ce championnat d’Europe est la faillite de certaines sélections de premier plan. Entamée en 2014 au Brésil, l’Espagne n’a pas su arreter sa brutale chute sur la scène internationale. Poussifs face aux Tchèques, brillants contre la Turquie, ils ont failli dans le match décisif face à la Croatie pour sombrer contre l’Italie en 8eme de finale. Annoncée comme la belle surprise, l’Angleterre a une nouvelle fois assumé son habituel statut de “loser”. Maladroits et fébriles pendant toute la phase de groupes, ils ont complètement craqué face à la modeste mais vaillante Islande aux portes des quarts de finale. Dans une moindre mesure, la Croatie n’a pas confirmé son bon 1er tour en sortant sans gloire face au Portugal malgré une belle victoire face à l’Espagne. On pourra également évoquer la Suède de Zlatan qui n’a pas montré grand chose ou l’Ukraine qui finit avec zéro point notamment face à l’Irlande du Nord.

Une Belgique contrastée
La véritable déception de cet Euro 2016 est la Belgique. Bien que quart de finaliste, la sensation de mitigé voire d’inabouti ou pire de décevant qualifie le parcours des belges dans cet Euro 2016. Giflés par l’Italie dès le début, les hommes de Marc Wilmots ont relevé la tète en explosant l’Irlande et la Hongrie en 8eme. Cependant, la décision se faisait sur des exploits individuels et on e voyait aucun collectif se dégager. Le trompe l’œil a finalement donné sa vérité en quarts de finale contre le Pays de Galles. Dépassés par un vrai bloc cohérent et rodé, la Belgique a exposé au grand jour ces lacunes tactiques et son incapacité à créer du jeu. Quand on évoquait précédemment l’importance de certains sélectionneurs forts capables de fédérer un groupe, on peut faire le parallèle négatif et inverse avec Marc Wilmots qui a montré ses limites pour le très haut niveau.

Des surprises symboliques
Enfin, comment ne pas s’attarder sur le magnifique parcours des islandais et des gallois. Les premiers ont réussi à être la coqueluche du tournoi avec un jeu rudimentaire mais une vaillance hors du commun. Leurs longues touches, leurs clapping, leurs barbes de hipsters et en point d’orgue la victoire contre l’Angleterre resteront dans les images fortes de ce tournoi. Pour les gallois, on s’attendait à une belle phase de groupes mais rien d’autre. Gareth Bale et Aaron Ramsey ont saisi l’occasion unique de faire briller leur petit pays en élevant leur niveau de jeu jusqu’aux demi-finales. L’élimination de la Belgique restera le plus beau moment de leur mois en France. Une belle aventure entamée avec le regretté, Gary Speed , il y a quatre ans ponctuée par une place dans le dernier carré de l’Euro. Pas de doute, les joueurs ont honoré à sa juste valeur leur ancien coach.

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