BrownSugarDays: Le nouveau rendez-vous du cinéma afro en France

Le 8 Mars a eu lieu au grand Rex, la première édition des BrownSugarDays. Au programme, Une journée marathon où l’on pouvait (re)découvrir des films issus du cinéma afro-américain du début des années 2000 à nos jours. BrownSugar, Think Like a Man I et II, Best Man Holiday et en avant-première française le film de Justin Siemens, primé au festival Sundance 2014, en tant que meilleure fiction américaine.

Comment sont nés les BrownSugarDays ?

L’idée de cet événement est issue du manque de visibilité du cinéma « afro » dans les salles obscures françaises. Didier Mandin, directeur d’AK-A, (agence de marketing ethnique) est à l’origine de ce projet.
Il nous confie, que le concept a surgi, un soir, en voyant sa sœur s’en aller à une soirée «  films afro » entre amies. L’organisateur a donc voulu garder cet esprit convivial en le projetant beaucoup plus loin.

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Pourtant la recherche de partenaires n’a pas été facile, certains voyant ce projet comme trop « communautaire ». Didier Mandin, se défend de cette accusation sous-jacente. Car le communautarisme n’est pas le but recherché, mais plutôt le partage et la reconnaissance de ce cinéma, peu importe la provenance du spectateur. L’équipe souhaite faire de BrownSugarDays un rendez-vous annuel et voire l’étendre à d’autres régions du monde. D’après les confidences que l’on a pu recueillir, le projet pourrait s’étendre à l’Afrique et aux Antilles…

Une nostalgie 2.0

Bien que les films fussent déjà disponibles sur la toile, l’organisateur expliquait la demande du public de revoir ces classiques des comédies romantiques afro-américaines. La moyenne d’âge était d’environ trente ans, et on ressentait une certaine nostalgie. Notamment à travers les intermèdes musicaux, menées par un DJ, où les succès de la fin des années 90 et début 2000 soulevait l’assistance, majoritairement féminine. Les classiques de Notorious Big, Beyoncé, ou encore du groupe féminin Total reçurent plus d’engouement que Rihanna !

L’ambiance était au rendez-vous et tout au long de la journée, le public devenait de plus en plus réceptif. BrownSugarDays nous a même offert quelques surprises, comme la prestation de Fary, nouvelle découverte de la scène comique issue du Jamel Comedy Club.

Une avant-première engagée

Certes la programmation concernait des comédies romantiques légères, mais la diffusion en avant-première de Dear White People, donna un ton engagé à cet évènement. Justin Siemens voulut, par ce film, donner un aperçu des rapports raciaux de la génération Obama. Le milieu universitaire a été pris comme angle de vue pour faire la part belle aux communautés blanches et noires de manière satirique. Bien que le racisme contemporain, soit bien loin de l’époque de Martin Luther King ou de Malcolm x, des avatars de cette époque subsistent. Aussi bien dans le désir des noirs de s’affirmer, que dans le racisme « ordinaire » dont ils font l’objet.

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Dear white people est le titre de l’émission radiophonique animée par la protagoniste du film, Sam White, une métisse, très activiste au sein du campus. Au sein de ce média, elle tourne en dérision les comportements de blancs, qu’elle juge racistes.La tension va atteindre son paroxysme lors d’une fête masquée, organisée par les étudiants blancs. Déguisés « en noirs », ces étudiants  imiteront grossièrement les clichés véhiculés dans les médias sur les afro-américains tels que : « le rappeur », la fille portant perruques et faux ongles et se faisant « remarquer »… Justin Siemens apporte sur ces questions, un angle intéressant. Car même dans l’expression de cette confrontation raciale, il a su mettre en avant les individualités complexes. Les personnages ne sont pas simplement noirs ou blancs. Ils sont, selon Siemens « noirs et quelque chose d’autre… ou blanc et quelque chose d’autre…» Il se moque ainsi de l’image réduite qu’on veut donner au noir dans l’imaginaire collectif mais aussi de celle que le noir met parfois lui-même en scène.Comme dans cette scène, où Sam White, la porte-parole des étudiants Noirs fera tout pour dissimuler sa romance avec un blanc de l’université, ce qui pour elle, est en contradiction avec les idées qu’elle défend.

Plus qu’une œuvre satirique, c’est un film d’affirmation individuelle, face à sa propre communauté, ou aux autres. Bien qu’il ait été écrit aux Etats-Unis pour un public américain, ce film, met en écho, le racisme ordinaire que l’on peut observer en France où les individus de confession ou d’origine autre que la majorité, sont réduits à une seule étiquette.

Revivez Brown Sugar Days, première édition, 8 mars 2015 au Grand Rex de Paris. Prêt(e)s pour une deuxième édition ?

Posted by BROWN SUGAR DAYS on vendredi 27 mars 2015


Cet article a été rédigé par Faïda Boina

Bio de Faida: Conseillère en Image et diplômée de sociologie, j’aime la beauté et l’Humain. Je suis également passionnée de mode, littératures africaines, sciences, et spiritualités.

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