Le conflit soudanais : une responsabilité africaine Par Jean-Joseph Agoua

Mon édito sera porté sur le conflit entre les deux Soudan, tant sur les enjeux liés aux détentions des énergies fossiles et des ressources naturelles. Ces enjeux ont un impact sur la région qui peut influencer une gouvernance dans une démarche philosophique.

Selon Ehnada le quotidien algérien “Nos frères au Soudan du Sud ont choisi la voie de la guerre, appliquant des plans étrangers dictés par des parties qui les soutenaient pendant la guerre civile”, a déclaré le président soudanais, Omar el-Béchir, à la presse à Khartoum. “Béchir a annoncé une guerre totale avec la République du Soudan du Sud. Tout ce que nous avions résolu dans l’Accord de paix global nous revient, désormais, comme un problème”, a déclaré son homologue Sud-Soudanais, Salva Kiir, devant le Parlement à Juba. Il faisait référence à l’accord qui avait mis fin en 2005 à 22 ans de guerre civile Nord/Sud et qui a abouti à terme à la partition du Soudan en juillet 2011.

Cependant , des questions cruciales, laissées en suspens, comme le tracé de la frontière ou le partage des revenus pétroliers, ont fait monter les tensions. Hier, Juba a accusé Khartoum d’avoir bombardé une localité d’importance, Bentiu, chef-lieu de l’Etat sud-soudanais d’Unité… Par ailleurs, M. Kiir a déclaré qu’il n’ordonnerait pas à son armée de se retirer de la zone pétrolière contestée d’Heglig prise, mardi, à l’armée soudanaise… Le président sud-soudanais a, également, menacé d’envoyer ses troupes dans la province d’Abyei, autre zone contestée à la frontière avec le Soudan…

Les deux Soudans n’ont jamais semblé aussi proches d’une nouvelle guerre. Des combats intenses ont fait rage dans la zone de Heglig dont le champ pétrolier assure une large part de la production de brut du Nord, mais que le Sud revendique… Le pétrole est un point de contentieux majeur : le Soudan du Sud dispose de la majorité des réserves, cependant, dépend des infrastructures du Nord pour exporter. Et les deux pays ne parviennent pas à s’entendre sur des frais de transit qui permettraient un partage de ces revenus essentiels pour leurs économies…

conflit soudanais

Pour ma part, Indépendamment de ce conflit tourné sur l’énergie pétroliére, il y a également la problématique lié à l’accessibilité à l’eau. Nos sociétés ont besoin de sens, car ce sont les repères qui fixent les horizons et déterminent les objectifs à atteindre. Ce sont les ambitions et les engagements qui permettent d’envisager l’avenir avec davantage d’équilibre(s) et d’harmonie. Ce sont donc des projets structurants et signifiants qui font avancer les hommes et rythment leur évolution.

Au même titre que les arts et les lettres, les sciences et les technologies jalonnent l’histoire des civilisations. Les grandes épopées technologiques ont ceci de formidable qu’elles génèrent d’immenses espoirs. Le versant sombre est la production d’injustices et d’inégalités. C’est bien là le paradoxe de la postmodernité. Au fur et à mesure que l’espérance de vie et l’indice de développement humain croissent dans la partie occidentale de l’hémisphère, les situations de détresse de l’hémisphère sud empirent.

Notre époque est celle des agriculteurs qui souffrent de la faim. Plus grave encore, alors que l’eau de la planète est majoritairement constituée sous forme liquide, trop nombreux sont ceux qui n’ont pas accès à l’eau potable. L’insalubrité n’est pas une fatalité.

La question de l’eau, qu’elle soit abordée sous l’angle de la géopolitique et de la puissance, dans une perspective humaniste et sociétale ou selon une approche économique est et demeurera une interrogation stratégique majeure.

Le Forum mondial de l’eau, dont cette livraison de Géoéconomie est partenaire constitue une formidable opportunité pour prendre les engagements indispensables à une véritable gouvernance mondiale. Tous les acteurs ont conscience que nous sommes à un carrefour majeur de l’histoire de l’humanité. Au-delà du réchauffement climatique, par-delà d’autres grands défis comme la sécurité alimentaire, la gouvernance de l’eau s’inscrit dans l’agenda international comme le défi de ce début de millénaire.

En sommes les industriels ont bien compris leur responsabilité sociale. Le temps des critiques systématiques contre les multinationales de l’environnement est révolue. Ces dernières, si elles n’ont pas été exemptes de tout reproche par le passé ont abandonné la posture de la repentance pour embrasser celle d’une gouvernance vertueuse.


Cet article a été rédigé par Jean-Joseph Agoua du blog jeanjosephagoua
Bio de Jean-Joseph : Responsable du think tank Générations Horizons. Journaliste Pigiste pour le Bouquet Africa. Jeune homme dans la vingtaine en quête de vérités! Mes écrits n’engagent que ma personne.
Suivez-le sur Twitter : @doublej75

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