J’ai vu… Dear White People. Par Mas Aymard Kina

J’ai assisté à une projection privée du film « Dear White People » qui doit sortir le 25 mars 2015 dans les salles obscures Françaises.

SPOILER ALERT: Révélations sur l’intrigue dans le texte suivant

     « Dear White people » un film de Justin Siemen, qui nous montre la vie d’étudiants dans la prestigieuse université américaine de Winchester, sur un fond d’opposition raciale et de mœurs entre communauté noire et communauté blanche.

      Les protagonistes principaux sont :

      Samantha White, interprétée par (la jolie et mignonne) Tessa Thompson. Samantha est animatrice sur une des radios du campus, elle anime l’émission Dear White People qui a pour but de dénoncer les clichés que les blancs ont sur les noirs et essayer de faire en sorte qu’ils changent de comportement dans une université où les minorités ne représentent que 2 %. Elle est aussi candidate à la présidence d’Armstrong/Parker, la résidence historiquement noire du campus de Winchester.

      Elle est opposée à Troy Fairbanks, fils du doyen qui lui a des positions beaucoup plus modérées que sa camarade Samantha en ce qui concerne la défense des droits des Afro-Américains. Il est plutôt un enfant de bonne famille à qui l’on met la pression pour qu’il soit un modèle de réussite, toute sa vie est dictée par les attentes et les choix de son père.

     Sur sa route pour la gloire se trouve Kurt Fletcher, fils du président de l’université. Cette concurrence existait déjà à l’époque de leurs parents qui ont été diplômés à une année d’intervalle. Si malgré des félicitations du jury et de meilleures notes, le père de Troy, le doyen, estime à demi-mot que si c’est le père de Kurt qui préside l’université aujourd’hui et pas lui, c’est grâce à son argent et sa couleur de peau blanche. Depuis, il fait de la réussite de son fils, Troy, une affaire personnelle quand Kurt lui a une attitude plutôt désinvolte sachant que son avenir à lui et sans doute déjà assuré. Surtout qu’il est le président de l’une des fraternités les plus importantes du campus.

     Fraternité dans laquelle on retrouve aussi Lionel Higgins (Tyler James Williams : Tout le monde déteste Chris), journaliste en herbe à l’Observer, un journal sur le campus. À cause de son homosexualité, il se sent rejeté de tous, de ses camarades de résidence comme de la communauté noire qu’il n’estime pas moins homophobe que les autres voire plus, mais pour pouvoir rédiger un article, il accepte de se rapprocher des membres de la résidence Armstrong/Parker.

      Parmi tous ces protagonistes, une étudiante « Coco » essaye de tirer son épingle du jeu. Jeune fille des quartiers pauvres, elle essaye néanmoins de gommer tout ce qui la rattache au ghetto et à la communauté noire pour pouvoir être accepté au mieux par la communauté blanche. Elle est prête à tout pour réussir même à changer de personnalité pour intégrer la distribution d’une téléréalité.

Dear White People-Critique-Film

     « Dear White people » c’est une opposition entre deux communautés qui campent sur leurs positions. D’un côté, la communauté noire qui veut défendre son héritage culturel et de l’autre la communauté blanche qui ne comprend pas trop ce qu’on lui reproche avec certains membres qui estiment même être lésés par la discrimination positive. La lutte est symbolisée par une sorte de loi sur les logements du campus qui vise à empêcher que les communautés puissent se réunir entre elles, de ce fait l’avenir de la résidence Armstrong/Parker est en péril. Les étudiants de la résidence vont donc se rebeller parce qu’ils estiment que cette décision est une volonté de l’université d’empêcher les Afro-Américains de la résidence de se réunir parce que selon eux les responsables de la faculté prennent peur dès que les minorités se rassemblent en grand nombre. Or, pour les habitants de la résidence, il est important que la communauté noire puisse continuer d’avoir un lieu où elle pourra faire vivre son héritage au quotidien, parler et échanger sur des sujets qui la concernent comme d’autres peuvent se réunir au nom du sport, de la politique ou de l’économie…

        Samantha fera office de leader du mouvement et de bête noire pour les responsables de l’université à cause de son émission « Dear White people ». Samantha passe pour une fille totalement engagée dans une lutte contre le racisme et l’oligarchie des blancs. Mais à y regarder de plus près, Samantha est métisse. Alors on se demande pourquoi est-ce une métisse qui est choisie pour mener ce combat et pas un(e) noir(e) à « 100 % »?

         On se rend compte au fil du film que Samantha, elle aussi, estime avoir été victime de racisme, car étant une fille métisse, lorsque son père blanc l’accompagnait à l’école, les gens ne comprenaient pas comment cela pouvait être possible. Un homme blanc qui accompagne une fille noire, à leurs yeux, à l’école. On se demande aussi, pourquoi Samantha se sent-elle donc plus proche de la communauté noire que de la communauté blanche puisque le racisme devait venir des deux côtés durant son enfance? Si l’on peut se dire finalement qu’une métisse aux États-Unis est considérée comme noire, je trouve que traiter ce sujet plus en profondeur aurait apporté quelque chose d’intéressant au film. 

         Au départ Samantha semble être une fille radicale dans ses positions, mais plus le temps passe, plus on se rend compte qu’elle n’est pas si fermée que ça, puisqu’on découvre qu’elle a une relation cachée avec un garçon blanc. Du coup on se demande, si elle ne joue pas un rôle pour plaire à la communauté noire et être mieux acceptée sachant que la communauté blanche elle ne l’acceptera jamais comme elle est? Serait-ce un jeu pour elle dans le seul but de déranger ceux qui représentent l’autorité à l’université? Surtout que quand les camarades qui la suivent montrent leur déterminisme, elle se renferme.

        Le but de ce film c’est aussi essayé de montrer les différentes formes de discrimination qui peuvent exister. Avec Lionel Higgins, on met en avant le fait que pour un homosexuel noir il est difficile d’être accepté. Difficile d’être accepté par les blancs parce que quand ils vont au-delà du fait que l’on est noir, il faut qu’ils arrivent à aller au-delà du fait que l’on est homosexuel. Difficile d’être accepté chez les noirs pour qui l’homosexualité et la sexualité en général est un sujet tabou. Puis quand on a décidé d’aller du côté des blancs parce qu’on les trouvait moins durs, c’est compliqué de revenir du côté des noirs quand on considère que ce n’est pas mieux chez les blancs. Il représente aussi l’anti stéréotype de l’homme noir qui doit être violent ou fort et musclé quand lui est plutôt chétif.

       Avec « Coco », on a la jeune fille qui fuit sa propre communauté noire parce qu’elle a l’impression qu’elle ne peut rien en tirer d’elle. Dans un temps elle veut absolument montrer qu’elle peut être aussi raffinée qu’une blanche loin de l’image des filles ghettos qu’on peut voir sur les chaînes américaines, dans un autre temps elle est prête à caricaturer l’image de la femme noire simplement pour pouvoir réussir. Sans doute se dit-elle que si on doit profiter d’elle au moins que ça soit rentable, mais au final on a l’impression qu’elle-même ne sait pas sur quel pied danser.

     Néanmoins, il y a un évènement qui va réunir tout ce beau monde, c’est la soirée organisée par Kurt Fletcher, sur le thème « Sortez le Négro qui est en vous ». Au lieu d’y voir une soirée à consonante raciste, une centaine d’étudiants blancs vont arriver à la soirée grimée en ce qu’ils considèrent comme des « noirs », des blackfaces et des caricatures de rappeurs américains. Une dizaine de noirs, aidés par la communauté mexicaine et asiatique feront tout pour mettre fin à la soirée, ce qui sera considéré comme une émeute.

      Pour conclure, « Dear White people » ce n’est pas juste un film pour dire que les blancs sont comme ceci ou cela. C’est un film pour dire que les blancs ont souvent un comportement vis-à-vis des noirs qu’ils trouvent normal, mais qui en réalité ne l’est pas et qu’on peut considérer comme raciste quand on y réfléchit à deux fois.« Dear White people » c’est aussi dire qu’il y a des clichés dans tous les camps. Le réalisateur a voulu faire un condensé de tout ce qu’on pouvait voir sur un campus en 1 h 48, le problème c’est qu’on ne traite pas assez certains sujets et qu’on peut avoir l’impression que tout va trop vite, tout est survolé, ce qui empêche au film d’avoir toute la valeur ajoutée qu’il pourrait avoir. À force de vouloir tout traiter, ça manque réellement de profondeur même si ça ne manque pas d’humour si l’on sait faire preuve de second degré. Après ça ce n’est que mon humble mon avis.

Vous pouvez voir « Dear White people » dans le cadre des Brown Sugar Days.


 

Cet article a été rédigé par Mas Aymard Kina Mas Aymard Kina

Bio de Mas : Étudiant du Mba Esg stratégie et communication digitale, Passionné par les merveilles du web et Futur Expert en stratégie digitale. Slogan 2.0 : Mon réseau se veut comme le web, sans frontières

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