Jay Z, J.Cole, et Kanye : qui croit vraiment à vos #newrules ? Par Dillmatic

Not that much of a New Rule ?

Jay Z, J.Cole, Kanye … Cet été nous n’entendons parler que de cette “sainte” trinité de l’industrie du disque, occultant les sorties d’albums de tout autre artistes qui s’essaieraient à mettre sa date de présence dans les étalages autour de celles du trio infernal.

Plus que la musique en elle-même, il s’agit ici des campagnes de communication ou de comment auront été vendu ces albums. Ces campagnes de com’ étant plus souvent une extension de la prétention des artistes concernés qu’autre chose.

Jay Z twittait à la date du 17 juin un certain nombre de déclarations décrivant les nouvelles règles dictées par lui et ses artistes Roc nation/ Roc-a-fella. Quelques exemples.

Nous avons tous entendu parler du guérilla Marketing de Kanye West, exposant la vidéo du premier clip de son album Yeezus sur les murs de 66 villes dans le monde. Une stratégie dans la lignée des derniers discours du monsieur qui souffrant quelque peu, soit de “Don Quichottisme” soit d’un sérieux problème de langue de bois, veut se libérer des contraintes que lui imposeraient les grosses “corporates” ou majors de l’industrie du disque, mode, etc, le tout en portant des Air Yeezy et autres pièces Givenchy ou Maison Martin Margiela. Il me fait un peu penser au cliché représenté par le personnage de Django dans Django Unchained et ce n’est pas une bonne chose.

Une promotion donc qui aura fait beaucoup de bruit, précédent la sortie du Yeezus, pompeusement nommé sans la moindre justification tellement l’album ne vaut pas du tout son prix.

Dénuement total de la cover, discours et sur-orientation religieuse, et pour choquer et pour faire preuve d’une fausse humilité, 10 morceaux (sic)… 10 morceaux en 2013 pour 15 dollars ? Ça fait plus d’1 dollar le morceau pour un album où il n’y a même pas une couverture correcte. Et c’est quoi ces vidéos projetées sur des murs en faisant croire aux gens que c’était sans autorisation ? Kanye en un mot pour moi, déception, vomi, dégoût, désolé ça en fait 3…

Dans le même champ lexical on a Jay Z, le mastermind derrière tout ce remue-ménage, le cerveau du champ de distorsion de la réalité qui entoure Yeezus, Jermaine et Mr Carter lui même.

Magna Carta Holy Grail douzième album de Jay dans sa promotion est le plus beau cheval de Troie depuis longtemps. Annoncé comme platinum avant même sa sortie du fait d’un deal avec Samsung, MCHG est promis à un bel avenir mais est en fait une supercherie. Un Jay Z qui ne se foule pas du tout la rate tout au long des 16 tracks, merci Timbaland pour les productions qui sont clairement ici le meilleur aspect de l’album. Une fausse stratégie de “direct to consumer” qui cache en fait une volonté de branding vicieuse.

En effet écouter Magna Carta Holy Grail avec l’application en question demande à ce que vous soyez en possession d’un modèle particulier de téléphone Samsung, pas n’importe lequel, vive l’exclusion !

Ce qui m’amène à me poser la question de, était-ce en réalité un deal de publicité pour lequel Samsung payait Jay Z à hauteur de 5 millions, pour faire la promotion de leur nouvel appareil que ce dernier aura avec succès tenté de maquiller en opération marketing pour son produit ?

Je n’ai pas les réponses à tout, mais ce qui est sûr c’est que j’ai tendance à préférer des initiatives un peu plus honnêtes et sincères comme celle de Curren$y, qui vient de sécuriser un partenariat avec Bittorent lourd de 170 millions d’usagers.

“The Jet Life BitTorrent bundle will consist of new music from Curren$y, Young Roddy, Corner Boy P, Fiend, and the rest of the Jet Life crew. On top of this, the bundle will also contain HD video footage, “interactive tour posters, catalogs, exclusive contests, and rewards you can redeem offline, at shows.”

Ça c’est le genre d’initiative qui non seulement risque de fortement changer la manière dont sont organisés les branding d’artiste, tout comme leur business modèle. Il est clair qu’avec l’avènement du second âge d’or d’internet à l’aube duquel nous sommes, la manière dont est consommée la musique a beaucoup changé comparativement à “mon” époque (je fais le vieux réac laissez-moi). Aujourd’hui la musique tend de plus en plus à être gratuite dans son écoute, les contrats publicitaires et live show étant devenus la vrai manne d’argent des Mc, pensez au scandale Rick Ross et Reebok, perdre ce sponsorship a fait mal au gros Ross, très mal, tant au porte-feuille qu’à l’image.

Dans ce sens et pour terminer je dirai que de nouvelles règles oui il y en a et ce ne sont pas celles que le Guru partenaire de vie de Beyonce aura dictées. Ne nous leurrons pas, la (sous?) performance de MCHG n’est possible que si vous avez déjà l’influence d’un artiste de la trempe de Jay Z, une initiative identique de la part par exemple d’un Big Krit, ce serait soldée par un cuisant échec.

J’aurai simplement aimé voir tout ce beau monde communiquer un peu plus sur leur musique plutôt que sur ce qu’il y a autour. #OldRules

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