La critique boulgi-boulga du dernier soulman anglais Lemar

La soul c’est un peu comme la bouffe asiatique, personne n’y comprend que dalle mais tout le monde trouve ça sympa. Alors, plutôt que de candidater pour un doctorat en musicologie de la fac de Nanterre, vous aurez droit à une critique épidermique et émotionnelle à défaut d’une analyse purement technique.

D’après Wikipédia, Lemar de son nom complet Lemar Obika est un chanteur-compositeur-producteur de R&B qui a réussi à percer dans la profession. Son dernier album: The Letter se veut un ensemble de reprises à dominante soul et rythm’n’blues de morceaux 60’s et 70’s. Au rang des influences, on retrouve entre autres Box Tops, Van Morrison, Elton John, Spencer Davies Group, Al Green, Diana Ross, ou Sam Cooke.

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Don’t give up the vibes

Une fois le bouton play enclenché, les premières secondes donnent le ton de la galette, un son très propre, bien arrangé pour un enrobage très léché. La voix chaude du crooner s’accommode sur des instrumentations très maitrisées mais un brin en retrait, et les morceaux s’enchainent en suivant une cohérence finement établie en amont. On passe de la love song classique à la berceuse soul épurée, sans oublier les classiques réorchestrés à la sauce pop, et la petite balade nostalgique. L’album se veut varié et recherché, et le chant est impeccable tout du long. Les cuivres et les chœurs s’accordent en harmonie lors des quelques rares envolées que s’autorise le combo. Car c’est là le que le bât blesse, on aurait aimé plus de folie furieuse pour The Letter. A l’écouter, Lemar fait figure de gendre idéal, bien trop sage en fait… Si bien qu’on n’a qu’une envie : le secouer comme un nourrisson pleureur afin qu’il lâche des trémolos bien plus lubriques et des prises de risque vocales comme des changements de rythmes soudains, ou bien qu’il laisse la possibilité à son band de balancer des outros bien plus bordéliques. 

Cointreau n’en faut !

Cet album s’apprécie encore plus ivre au Whisky 16 ans d’âge, si possible en plein coït. Alors ouais, The Letter est très bon musicalement parlant, mais il lui manque cette dose de folie  qui fait l’apanage des plus grands (Nat King Cole, James Brown, Wild Cherry, Chuck Berry, etc…). Il est évident qu’avec un lissage trop favorable à la voix de tête, tout a été fait pour mettre en avant Lemar (pas étonnant vu la qualité de sa voix), mais des réappropriations plus personnelles auraient été appréciées. On attendra donc plus de ses futures compositions, et aussi de voir ce qu’il vaut sur scène.

Mention spéciale au morceau Bring It On Home To Me qui est un vrai bijou pour les cages à miel.

Pour vous faire une idée :

Lemar

Nouvel album The Letter

Sortie le 9 octobre 2015

chez BMG Rights Management

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Docteur ès toutologie, je distille perfidement mes idées interlopes à travers des articles de prime abord, anodins, mais secrètement prosélytes afin de convaincre mes lecteurs de se lever pour suivre la lutte armée des vendeurs de roses ambulants pakistanais contre le diktat des amants insensibles et radins. Pour me vomir sur la raie, m'envoyer des fleurs, de l'argent ou vos menaces, une seule adresse : anasajabar@gmail.com