L’Afrique futur eldorado de la BD, selon un critique d’art

L’Afrique futur eldorado de la BD, selon un critique d’art

L’Afrique se présente comme un continent d’avenir pour la bande dessinée, a soutenu Vincent Bernière, commissaire de l’exposition “Bulles noires sur cases blanches”, organisée à Dakar (3 avril-31 mai), dans le but notamment de dresser “un panorama des pratiques en vigueur aujourd’hui, en croisant les regards entre Européens et Africains”, pour éventuellement susciter de nouvelles vocations.

“En Afrique, il y a de vrais créateurs qui ont envie de raconter de vraies histoires. Je pense que le continent de demain, pour les bandes dessinées, c’est l’Afrique”, même si des obstacles subsistent encore, qui sont de nature à empêcher le plein développement de cet art sur le continent africain, assure M. Bernière, journaliste et critique d’art.

“Il y a encore un manque de transmission de la BD, de la grammaire. C’est un métier qui s’apprend. Il faut faire naître des vocations par le billet d’écoles, d’ateliers et transmettre l’information, mais cela est en train de naître et puis on voit bien avec le succès d’Aya (de Yopougon)” de l’Ivoirienne Marguerite Abouet, a-t-il dit.

“Aujourd’hui, ce dont on s’aperçoit, c’est que les BD sont plus conformes à la réalité (…)’’ et s’intéressent de plus en plus à ‘’la grande richesse de l’Afrique’’, en comparaison des premiers BD consacrées aux Noirs, dans les années 1930, qui relevaient de la caricature et des ‘’clichés’’, a encore soutenu Vincent Bernière.

Il a déclaré que son objectif était d’abord de pérenniser cet évènement, de le développer ensuite pour faire naître de nouvelles vocations, puisque dans beaucoup de pays, notamment ceux en développement, la bande dessinée est un produit culturel importé la plupart du temps.

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De nombreux bédéistes participent à cette exposition, dont des auteurs du continent, à l’image de l’Ivoirienne Marguerite Abouet qui explique le succès de sa bande dessinée – “Aya de Yopougon’’ – par le caractère universel du message véhiculé par cette saga en six tomes traduite en 18 langues.

“On a toujours l’habitude de parler de l’Afrique du mauvais côté. Dans ma BD, je parle de l’homosexualité, de la modernité, de la tradition, de l’éducation des filles qui sont des thèmes d’aujourd’hui. Le monde entier s’y reconnaît”, a souligné Marguerite Abouet.

Les Français Lisa Lugrin et Clément Xavier sont sont présents à cette manifestation, à travers leur BD “Yekini roi des arènes”, qui devrait être disponible au Sénégal à partir de l’année prochaine.

Les œuvres du Franco-Béninois Yvan Alagbé, du Sénégalais Kabs, de son vrai nom Malang Sène et des Camerounais Malamine de Edimbo et Mbumbo font également partie de cette exposition.

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