Le Cri des Calebasses est à l’horizon

L’Afrique comptera 1,8 Milliard d’habitants dont 295 millions de jeunes (entre 15 et 24 ans) en 2035 qui constitueront une forte manne en main d’œuvre un tant soit peu arrivé à un bon niveau de qualification. Il faut encore espérer que le système d’orientation vers des séries de garage ne les privent toujours pas d’un vaste panel de débouchées. Je parle de débouché car d’ici là il faudra bien admettre que l’entrepreneuriat devienne une alternative naturelle au marché de l’emploi. Cela implique qu’on lui donne les moyens non seulement d’absorber une partie des diplômées issus du système scolaire (à réformer) mais aussi d’être performant pour offrir les capacités d’exporter des modèles et d’attaquer des marchés outre-mer.
Je m’adresserai principalement à mes pairs de la diaspora. 2035 ce n’est pas si loin, et pour ceux de ma génération des années 70, 15-24 est souvent la tranche d’âge que vos enfants auront atteint. Seront-ils alors confrontés aux mêmes problèmes courants que nous lors de notre immigration ou peuvent-ils espérer une meilleure intégration ayant déjà su profité d’une enfance sur les terres de la Cité.

C’est donc une situation plus stable à envisager pour la deuxième génération issue de l’immigration. Cependant l’avenir ne peut être une répétition de ce que nous avons eu à vivre nous-même cette fois-ci offert par le même plateau de tournage des Cités (centre d’appels, usines, manutention) en ce qui concerne les futurs nouveaux arrivants. Pour des familles d’immigrants qui ont feront l’effort de venir s’intégrer cela serait une lâcheté de notre part de n’avoir pas pavé la voie pour d’autres. L’investissement dans un activisme sur les lois d’immigration est le minimum pour asseoir des conditions de vie saines faite de revenus suffisants et de considération de la diversité culturelle sans voile accommodant et hypocrite.
Mais voilà. Dans quel paysage de compétence évolueront surtout les jeunes de la diaspora face à leur confrères et consœurs des terres mères dont le besoin accru de débouchés fera sauter les soupapes d’une machine bien huilé qui sélectionne depuis des temps immémoriaux les plus apte à quitter les comptoirs pour le grand voyage dont ils ne sont pas sûr de revenir ? Un prédateur aux mues progressives (esclavagiste, colon puis coopérant financier) dont les intérêts réels s’opposent au développement économique et social de notre civilisation. Doit-on voir des cousins de même sang clamer leur légitimité à offrir leurs compétences sur un sol depuis rendu étroit par des lois d’immigration qui préservent le dosage de diversité par la qualité des profils et dont l’excès se déverse pour le moment dans la méditerranée ? Simple dégazage du continent, un peu trop lié, africain.
Nous avons sans doute tout faux.
C’est dès à présent que ce tableau peut être défait par ce que je ne cesserai d’appeler de mes vœux la Correction de nos Attitudes. Elle consiste à reconsidérer notre relation à l’Autre (Diaspora vs Terre mère) pour faire émerger des ponts de solidarité et recréer des conditions économiques viables qui n’appellent pas des choix d’exode à partir du continent ou des replis identitaires en Cité. Tout naturellement nous sommes les membres d’une même communauté issue d’un portefeuille de cultures africaines et nous œuvrons à nous réapproprier notre Futur économique qui est aux mains de principaux bailleurs de fonds et partenaire financiers vénaux qui opèrent et exploitent depuis des années.
Le Cri des Calebasses c’est ce ras le bol d’une jeunesse sans avenir qui demeure dans la désillusion quotidienne de la renaissance économique de son continent. Elle est encore impuissante face aux jeu géopolitiques et stratégiques de main mise des richesses de sa Terre notamment par le maintien éhonté de dirigeants au service du prédateur mutant à la tête de leur états malgré des efforts pour respecter le jeu et la démo cacique. Mais c’est le flot de sang contenu dans ces poitrines opprimées qui s’offrira lorsqu’il n’y a plus d’alternative que de mourir pour la liberté ou vivre libéré.

C’est à nous membre de la diaspora d’y apporter de la modération et d’accompagner cette jeunesse par des actions significatives d’investissement, de transfert de connaissance, de technologie, de contrat, de partenariat, en somme de débouchés pour espérer conjurer un chaos qui pourrait faire du tort au grand nombre et à grande échelle et blesser pour longtemps l’Âme du Monde et les fondements de l’Humanité; notre communauté.
Le chemin n’est pas si long pour voir les Attitudes changer. C’est une question d’intention puis de volonté de réappropriation de ce que l’on a en soi de façon latente : le Pouvoir de diriger l’avenir de la Terre conformément aux lois divines.
Par exemple, dernièrement j’initiais une levée de fond en ligne (http://www.thewisefundings.com/) pour des jeunes apprentis qui veulent se lancer en affaires. J’ai publié et diffusé un post sur un réseau social bien en vue qui a fait environ 18982 vues organiques, 6790 click, 5000 like, dont 70 like d’amis, de nombreux commentaires, pour au final avoir 4 dons (moi compris) et moins de 150$ de levé. C’est un début. Mais je me demande toujours pourquoi les projets ethniques des groupes culturels noirs peinent à mobiliser. Est-ce le mode virtuel qui ne convient pas ? Ou tout simplement le fait de ne pas se sentir tenu à tenir sa parole physiquement? La confiance face aux multiples arnaques venant du sud? Quel est le vraiment le risque à perdre 10 ou 20$; le prix d’un repas, une sortie en discothèque ou d’une coiffure?
Vous seul pouvez savoir pourquoi les levées de fonds de vos amis entrepreneurs ne vous passionnent pas. Est-ce de la jalousie de la mesquinerie? Avons-nous finalement et réellement l’esprit de communauté? Voulons-nous avoir plus de « success stories » pour voir des entrepreneurs réinvestir dans la communauté ? ou pensons-nous que cela donnera lieu à des « m’as-tu vu » de plus? Oui pour les repas, baptêmes et autre activités physiques où notre besoin de reconnaissance en retour de l’acte porté se doit d’être nourri en retour. Sinon nous sommes dans le fond aussi individualistes que les autres, nos hôtes des régions froides, en matière d’argent car ça doit sans doute faire intervenir la crainte de montrer son réel niveau de vie (tout le monde se cherche dit-on), son pouvoir d’achat, la peur de rentrer dans un cycle où si j’aide Alpha il faudra aider aussi Oméga et à la fin je passe mon temps à aider les autres? Dieu est plus savant et sait ce qu’il y a dans les cœurs.
Toujours est-il que pour changer la donne de cette catastrophe en formation qui pointe déjà à l’horizon 2035 (projetez-vous dans l’occurrence d’élections présidentielles dans un climat social sans espoir) il va falloir pouvoir trouver une réponse acceptable dès maintenant à cet épineux problème qui nous concerne tous. Il faut prendre de la hauteur et analyser les conditions de notre communauté sans se limiter à la survie à court terme comme c’est le cas dans l’informel, peut-être envisager l’effort à moyen terme comme dans l’ethnique et surtout la vie à long terme comme dans le cas du local où on joue à armes égales avec les pairs qui nous ont accueilli initialement. Et ma vision est que la diaspora peut rectifier le tir et investir dans le continent dans des domaines qui lui sont familiers ou qui sont délaissés par les institutions en tirant profit des ressources de son intégration. Alors à vos économies, prêts, pariez !
« Les jeunes africains sont les pierres de l’édifice de la renaissance du continent et chaque membre de la diaspora doit contribuer à se lier à eux en ciment économique nécessaire à la solidité globale des murs de notre royaume retrouvé. »

Arnaud Segla


Cet article a été rédigé par Arnaud Segla du site Entrepreneurethnik
Bio de Arnaud : Arnaud Segla M. Sc., M. Sc. A., CAPM, consultant en gestion de projets et ingénierie d’affaires spécialisé dans l’entrepreneuriat ethnique partage avec nous ses conseils professionnelles. Il organise et anime des activités professionnelles et accompagne plusieurs entrepreneurs dans l’atteinte des objectifs de leur projet d’affaires.
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