Le Paris Cheap et crade de Tonton Jabar # 2 : Le Culture rapide

A l’époque, je me pointais en début de soirée avec mon demi-canard laqué débité en morceaux et je commandais mes deux pintes de Leffe au comptoir, le garçon bien éduqué me demandait si j’avais besoin de couverts. Pas besoin, mes doigts suffisaient. Un jour, une grande yougoslave a fait irruption et s’est assise à côté de moi :

« Je peux taper dans ta barquette ? »
« … Ouais bien sûr »
« Cool ! (elle se sert) »
« … »
« … »
« … »
« Tu manges pas les cartilages ? »
« Nan, j’aime pas ça. »
« T’es con, c’est ce qui y a de meilleur ! (elle les mange) »

Voilà qui résume en gros l’état d’esprit de la Culture rapide : pas de prise de tête. Le bar est cool comme il faut, on y accepte tout le monde, même toi ! Haut lieu de la culture underground ou maison du mauvais goût, l’étranger posera son cul sur des chaises gluantes et pourra picoler docilement dans ce lieu à la déco extravagante mais appréciable (poupées décrépies à vomir, lumières ultra-tamisées, colorée déglinguées, basses Squier en expo).

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Ma Mad’leine à moi !

Melting-pot

Le Culture Rapide se décrit comme un cabaret populaire, mais c’est avant tout une maison des belles lettres un peu roots où la sono fait grincer des dents et les poèmes frémir les strings. Il se passe forcément un truc chaque soir, le slam du mardi soir est un immanquable pour les amateurs et les néophytes, et une progra écclectique se succède sur la ridicule scène d’un mètre sur deux calée dans un coin de la salle. Voyance, ou poètes du cru. On peut tantôt y trouver des perles d’un teint précieux, tantôt se faire avoir par des margoulins revendiqués, parfois un poète édenté aux pieds nus fera irruption en criant un jovial « salut les sales drogués ! », cela veut dire qu’il vous aime bien.

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Les soirées Slam ou la déco cosmique auront raison de votre santé mentale.

Wes Fucking Anderson

Il se passe toujours un truc bien débile à chaque fois que j’y mets les pieds. La dernière fois, l’artiste du soir en a eu marre après 20 minutes de scène et m’a demandé (à moi, public nigaud) de prendre sa place en me tendant sa gratte. Sachant que je ne sais pas chanter et que j’étais à 3 pintes et demie, j’ai commis l’erreur de demander à un inconnu prénommé Paul de faire le chant pour moi. Erreur, il n’a pas réussi à ajuster une seule bonne note, et en fait, je compris à la fin qu’il était bègue. Je reçois chez moi des colis contenant des animaux morts tous les deux mois environ depuis cette fameuse soirée.

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CSP+, para ti !

un buffet apéro gratuit tous les vendredis
Des terrasses sur la place Fréhel
le méga soundsytem en plein air l’été
Des trucs culturels tous les soirs
Olivier Besancenot qui y tient parfois des meetings en running Kalenji
la pinte de leffe à 4.50 €. Siempre.

LE crade : 4/5 (Ces verres qui collent à la table, une seconde naissance)
LE hype : 1/5 (Comme pour un cageot, personne ne se vante d’être passé par là en général)

Culture rapide
103 rue Julien Lacroix 75020 Paris
M. Belleville
Pinte de Leffe : 4.5€
Buffet gratos le vendredi soir

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JABAR DARTI CHAPE,
Pascal Anasajabar
Docteur ès toutologie, je distille perfidement mes idées interlopes à travers des articles de prime abord, anodins, mais secrètement prosélytes afin de convaincre mes lecteurs de se lever pour suivre la lutte armée des vendeurs de roses ambulants pakistanais contre le diktat des amants insensibles et radins. Pour me vomir sur la raie, m'envoyer des fleurs, de l'argent ou vos menaces, une seule adresse : anasajabar@gmail.com

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