L’hospitalité à quel prix ? Par ASSOUKA

Il m’est arrivé d’observer le périple d’étudiants, de mains-d’œuvre qualifiées, d’entrepreneurs, etc. et de me questionner sur les motivations profondes de l’accueil voulu et non subi de ressortissants d’autres contrées du globe. Il m’est apparu que les Systèmes bien huilés la majorité de ces pays avait besoin de bras et de cerveaux corvéables à souhait pour combler les espaces de production délaissés par les populations locales. Il faudra toujours des esclaves pour faire avancer les drakkars. Ceci, bien sûr, reste un procès habituel, mais réel fait aux Cités où se parque notamment la diaspora africaine (comme tant d’autres). Sortant de la facile victimisation, mon regard s’est porté sur nos propres pratiques de l’hospitalité. L’Afrique est reconnue pour sa tolérance à la diversité (excluant paradoxalement la fierté Arc en ciel) et le bon traitement de l’étranger sur son sol (au prix d’une abnégation aliénante), mais à y voir de plus près, rien ne justifie de se reposer pour autant sur nos lauriers.

En effet, cette hospitalité dont certains en font un point d’honneur voire une valeur de société comme la très célèbre « Téranga » est accompagnée le plus souvent d’un prix de séjour parfois bien dur à payer. C’est simple. Les conditions socioéconomiques critiques ont bien souvent imposé aux populations locales de lutter pour survivre au quotidien. Toute opportunité pour avoir du revenu est la bienvenue et un bien voulu. Ainsi s’installe la fameuse spéculation sur le prix et avec elle une forme de malhonnêteté (appelons les choses par leur nom) dont la cible devient celui qui n’est pas de la communauté. Pour caricaturer le fait, on parodierait la formule consacrée en « ils vous accueillent les bras ouverts et réfléchissent au prix qu’ils demanderont pour votre séjour. » Vous êtes sans doute familier avec ce jeu de négociation, parfois agaçant, pour l’achat d’un produit ou d’un souvenir lors d’un voyage. Le touriste est le dindon de la farce par excellence et c’est un fait qui semble universel. Mais qu’en est-il du comportement vis-à-vis des non-touristes, frères d’autres contrées en intégration ou de passage, diaspora de retour sur le sol, locaux parlant avec un accent, etc. qui ne s’insèrent pas forcément dans le tableau « du Robin des bois » dépouillant les riches pour nourrir les pauvres ?

La pratique est noble et semble-t-il équitable. Mais voilà le Monde évolue et l’Afrique aussi. La mobilité des personnes pour tout type de raisons possibles est de plus en plus une réalité. Les communautés qui maintiennent ce genre de comportement envers des « non comme eux » ne s’adaptent pas à l’idée promue de « Panafricanisme » et de « Renaissance africaine » qui commence à faire son chemin dans les esprits. Punir les frères africains d’ailleurs d’un prix qui est majoré parce qu’ils ne parlent pas la langue locale est, pour moi, une ineptie et ne cadre pas avec l’idée de fédération (ou d’union pour les plus utopistes) de l’Afrique. Soyons cohérents avec ce que l’on veut. Je ne pense pas que pour le moment il soit possible d’avoir des langues communes de communications, entre frères africains, autres que celles héritées de l’époque coloniale. Ne nous voilons pas la face sur cette réalité. L’étranger africain qui en parle une n’est donc pas un ennemi, même s’il n’y associe pas le wolof, le pulaar, le fon, le lingala, etc. à chacune de ses pérégrinations.

Dans un ordre d’idée plus spirituel, cette spéculation enlaidit l’être en lui-même surtout lorsque le cœur qui est la référence en matière de jugement moral ne nous le reproche plus. Pour des pays dont la foi est importante, il est alors dérangeant, voire choquant, que cela ne soit pas dénoncé. On en vient même à considérer toute l’hypocrisie d’afficher une étiquette religieuse faite de grandes prières canoniques et de purification – quand ce n’est pas une justification facile du fait que « tout le monde est pêcheur » et que le sacrifice prophylactique d’un seul homme autorise à ne plus s’évertuer au bon comportement. Je les renvoie, dos à dos, respectivement à ces deux références : Coran LXXXIII, 1-6. et Mt 25, 34-40.

Il est donc urgent de mettre à l’agenda de la construction d’une Afrique fédérée, une philosophie de l’Attitude en communauté en plus d’une monnaie unique, d’une réappropriation de l’Identité par la connaissance authentique et le pouvoir économique issu de la création de la richesse. Pour ne citer que ces aspects. Cette construction ne peut reposer uniquement sur la gouvernance de nos dirigeants « biens et mets », mais aussi de l’action élémentaire de chaque individu à son simple niveau. C’est toute l’importance d’avoir une Vision commune, de la partager, et d’œuvrer en synergie à la concrétiser. Il est grand temps d’agir et de ne pas repousser « le jour du réveil » à la prochaine gênée ration.

« Béni sois celui qui trouve en son frère africain l’homologue dans la mission de refaire du continent le centre économique et spirituel du Monde »

Assouka 2


ASSOUKA est le Mystère du double de l’Auteur. Il est le personnage d’une série de textes qui permettent de suivre et de comprendre une formidable aventure spirituelle dont l’accomplissement permettra à un Peuple de faire résonner le Cri de la Calebasse…

Site web : www.lecridelacalebasse.com

Site web: www.theleanintention.com

Suivez le sur Twitter : @ARNAUD_SEGLA

Laisse nous ton commentaire

commentaires