L’humanité (partie 1) par Jean-Joseph Agoua

Après bientôt quatre siècles de cartésianisme et de volonté de « maitrise de la nature » (Hegel), l’humanité se retrouve face à elle-même. Ce que certains intellectuels aiment appeler « amélioration humaine » est une vaste question à mon sens. Dès lors, de quoi parle-t-on ? Je (on se permet de prendre ce risque) vise dans ces questionnements une réflexion de l’être humain par la technique.

Cette dernière qui, dans cette société postmoderne (dans une certaine mesure), est passée d’un statut d’outil objectivité à un véritable cadre autonome fonctionnant selon ses propres lois. Ce système détermine graduellement chaque aspect de notre existence. Celui-ci a déstructuré les représentations sociales et déconstruit les normes symboliques. Nos (j’emploie ce déterminant, car force est de constater que c’est le paradigme dominant, même dans les pays émergents ou « sous développés ») sociétés démocratiques libérales, capitalistes et individualistes, sont caractérisées par un culte exacerbé de la compétition et de la performance. Souvent pour en faire quoi par la suite ?

Le sujet, enfermé dans la bulle de l’individualité est passé d’un partage entre le PERMIS et le DÉFENDU à un déchirement entre le POSSIBLE et l’IMPOSSIBLE. La gamme des horizons ouverts a considérablement augmenté la responsabilité des choix posés et de leurs conséquences, horizons rendus possibles et réalisables par le progrès scientifique et technologique.

Le caractère matériel du réel a de la sorte, pris le pas sur l’IDÉEL de nos constructions THÉORIQUES. Pour s’adapter à la complexité sans cesse grandissante de ce monde, mû, semble-t-il, par sa propre rationalité, il est donc impératif de redéfinir non seulement notre environnement, mais aussi d’examiner de façon critique les possibilités de changer ce que nous sommes appelés « nature ».

La possibilité de plus en plus marquée d’un au-delà de l’humain, d’un posthumain diront certains, pour ne pas dire tout le monde, recoupe malgré toute sa nouveauté, les trois questions fondamentales à mon sens: que puis-je faire?. : La dimension déontologique d’un humain se voulant pourtant de plus en plus libre, à la fois vis-à-vis des normes sociales et à la fois vis-à-vis des normes naturelles. Deuxièmement, que puis-je espérer ? C’est-à-dire, un espoir parfois utopique versé dans le progrès, face aux craintes que celui-ci ne manque pas non plus causer. Ces interrogations ramènent toutes à la question synthétique suprême : qu’est-ce que l’homme ? Dans sa formulation sémantique et universelle, elle constitue probablement le point névralgique de tous ces questionnements.

Le déterminisme de ce qui pouvait un jour sembler être le destin de l’espèce, à progressivement laissé la place à une liberté DÉMIURGIQUE d’une sorte d’auto contrôle. La logique de l’évolution selon Darwin (je ne suis pas un grand admirateur de ses théories histoire de nuancer le tout marquer un paradoxe), risquerait peut-être alors de s’estomper sous la pression technique d’une requête visant à installer une évolution voulue et décidée unilatéralement par l’homme. C’est d’ailleurs très précisément, les deux versants de cette crainte que se cristallisent les forces en présence de cette problématique.

En somme, pour mieux comprendre les fondations philosophiques et les enjeux que la question de l’amélioration de l’être humain incarne, de même que de permettre une entrée tout aussi introductive que didactique dans le sujet, un panorama des différents courants, ainsi que de leurs arguments d’opposition, s’impose.

Fin de la première partie.


Cet article a été rédigé par Jean-Joseph Agoua du blog jeanjosephagoua
Bio de Jean-Joseph : Responsable du think tank Générations Horizons. Journaliste Pigiste pour le Bouquet Africa. Jeune homme dans la vingtaine en quête de vérités! Mes écrits n’engagent que ma personne.
Suivez-le sur Twitter : @doublej75

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