Ligue 1 – 21ème journée : Paris, seul phare dans le blizzard du foot français !

Tandis que tombent (enfin ?) les 1ers flocons à basse altitude à travers l’hexagone, notre championnat offre toujours autant de perspective qu’une route de campagne dans le brouillard un soir d’Hiver. En effet, si le PSG compte 21 points d’avance sur son 1er poursuivant (soit un point par journée) l’AS Monaco, derrière c’est un véritable bazar : 10 points d’écart entre l’ASM (2ème) et le FC Nantes (11ème) qui ne compte que 8 points d’avance sur le pénultième le TFC. C’est dire à quel point il est difficile de se projeter en ligue 1 qu’on soit un analyste lambada, un dirigeant de club voire un joueur.

Les maux du foot français se traduisent en effet à la lecture de ce classement : Nivellement vers le bas, absence d’élite, manque de talents offensifs, absence de spectacle en général (4 équipes ont inscrit 30 buts et + à ce stade de la saison) et ce malgré des défenses en carton (4 équipes à moins de 20 buts encaissés soit 1 but/m).

Que se passe-t-il lorsque le haut du peloton ne sait ni attaquer ni tenir ses positions ? Des outsiders se prennent à rêver. Angers (3ème) a opté pour l’option solidarité-solidité (13 buts encaissés) tandis que les ouailles de l’ex-cancre de Gerland Claude Puel s’en sont remis aux exploits du revenant HBA (Hatem Ben Arfa ! ! !) pour guider la jeunesse niçoise (Koziello, Mendy, Séri, Boscagli, Plea…) et faire vibrer l’Allianz Arena.

Que retenir de ce week-end de Ligue 1 ?

On a encore vu des buts, un peu de jeu jusqu’à la parodie footballistique dominicale du côté du Forez après celle du Vélodrome la semaine précédente. A croire que les Dimanche soirs d’Hiver, on pourrait se passer du match en prime-time de Canal+ un peu comme on zappe désormais les guignols de l’info. D’ailleurs, avec un peu de chance, d’ici peu, le ciel nous préservera de la Coupe de la Ligue, on passera à 18 clubs et Canal+ servira  juste le 1er Samedi du mois (pour les plus déprimés ! ! !).

27 buts par journée depuis le début de l’année civile… les défenses ont pris des coups de froid. On ne remerciera jamais assez celle de Troyes de faire preuve d’autant de naïveté. Après avoir aider à l’inauguration du Stade des Lumières en ouverture des soldes (1-4 pour l‘OL), les joueurs de l’Aube ont offert un scénario digne d’un film d’horreur à leurs supporters. Menant 2-0 au bout de 15 minutes, ils concèdent 2 penalties et se retrouvent même menés à la mi-temps 2-3. Grosicki parachèvera la victoire des hommes de Montanier (ou de Courbis ???) en fin de match. Le Stade Rennais se retrouve “miraculeusement” à 3 points du podium. Salma Hayek peut-elle se mettre à rêver de folles soirées européennes ? Du côté de Troyes, on est loin de telles ambitions ! Le club peut tranquillement préparer la saison prochaine en ligue 2 (pire attaque, pire défense ! ! !) en espérant faire l’ascenseur sachant que la lutte sera désormais plus ardue avec juste 2 montées directes et un barrage dès la saison prochaine.
Troyes-Stade Rennais 2-4

Les barrages, une étape dans l’accession à la Champions League que les hommes de Leonardo Jardim veulent désormais s’épargner. Toujours aussi efficaces loin de Louis II (22 pts/33 à l’extérieur), ils devront cependant arrêter de jouer une mi-temps sur 2 et surtout glaner quelques victoires à domicile s’ils souhaitent y parvenir. Face à Lorient accrocheur mais limité offensivement par l’absence du duo Moukandjo-Waris (15 buts en ligue 1) , l’ASM a mis une mi-temps pour accélérer pied au plancher et punir les lorientais par 2 fois. Suffisant pour prendre 4 points d’avance sur l’ASSE et 7 sur l’OL et l’OM dans la course à l’Europe. Seul bémol, la lumière est encore venue de ses lutins Silva, Moutinho et Lemar. Carrillo quant à lui, a beau se démener, il a contre lui soit un gardien en forme soit la goal-line technology !
Lorient FC-AS Monaco 0-2

C’est justement cette évolution de l’arbitrage qui a rendu un fier service aux hommes de Michel face aux caennais. Victorieux à Michel d’Ornano, l’évolution prochaine de l’arbitrage avec extension de la vidéo (que la LFP souhaite mettre à l’essai) aurait validé le superbe but de Bazile et mis l’OM dans l’embarras. Ironie de l’histoire, sur la relance, l’OM ouvre la marque et proposera une de ses performances des plus abouties toujours porté par sa doublette Nkoudou-Batshuayi. Ce résultat permet à l’OM de recoller à l’OL. Drôle de coïncidence,  Dimanche prochain, duel des Olympiques avec plus de spectacle on espère que leurs dernières prestations en prime-time.
SM Caen-Olympique de Marseille 1-3

L’Olympique Lyonnais a raté l’occasion de coller au wagon des poursuivants mené par l’AS Monaco. A tourner en rond autour de la défense forezienne sans être incisif, elle s’est fait encore punir une énième fois cette année pour son absence de killer-instinct des 2 côtés du terrain (ce manque de caractère a été flagrant en Champions league). Une perte de balle malheureuse de Tolisso et Umtiti qui fait preuve de retenue dans son intervention alors KMP (Kevin Monnet-Paquet) se jette sur la balle permettant à Soderlung d’ouvrir son compteur dès son 1er match à Geoffroy-Guichard. L’AS Saint-Etienne n’est qu’à 3 points de la Champions League, sans projet de jeu autre que la solidité défensive. Et ce avec  une ligne d’attaque inexistante (Monnet-Paquet, Corgnet, Bahebeck, Roux… 5 buts à 3. Aaaargh). C’est dire le niveau de la Ligue 1… !
ASSE-OL 1-0

Rayon surprise, Vendredi soir, duel sympathique entre les “très” offensifs niçois (à l’échelle de notre championnat) et la muraille angevine qui s’est prolongée en conférence de presse avec une sortie de HBA sur le projet de jeu angevin. Victoire logique sur 2 penalties-limite des niçois à l’Allianz Riviera. On notera l’entrée d’un frère de… Un Lloris, Gaultier de son prénom a fait son apparition dans les arrêts de jeu. Nice est une affaire de famille décidément.
OGC Nice-SCO Angers 2-1

Autre club familial, le SC Bastia recevait un concurrent direct du championnat d’en bas, Montpellier de Baills. Les hommes de Loulou Nicollin se feront piéger par Floyd Ayité au retour de vestiaire pour la seule balle cadrée (sur 2 tirs bastiais au total) et se retrouvent plus que jamais dans la lutte pour le maintien alors que les bastiais se donnent un peu d’air.
SC Bastia-MHSC 1-0

Décidément le football corse reverdit. Le Gazélec Ajaccio prolonge sa série d’invincibilité à 11 matchs au terme d’une rencontre palpitante face au Stade de Reims du revenant Nicolas de Préville. Les reimois ont eu le mérite d’arrêter l’hémorragie de défaites (avant cette rencontre). Ils auront surement d’un De Préville (auteur d’un doublé) à ce niveau pour sortir des méandres du fond de tableau.
Gazelec Ajaccio-Stade de Reims 2-2

Autre club en difficulté, l‘En Avant Guingamp recevait lors du  énième “presque” derby de Bretagne, les voisins nantais avec l’ambition de casser la dynamique des mauvais résultats (0 vict. en 6 matchs,5D, 1N). Objectif presqu’atteint malgré un duo d’attaquants Erding-Briand à faire sourire une arrière-garde de DH. L’En Avant a mené par 2 buts d’écart (Benezet, Salibur) à l’entame de la seconde période avant de craquer dans les arrêts de jeu sur une percée de Sabaly. Le souffle de la Ligue 2 est plus que jamais tenu aux oreilles des guingampais tandis que le FC Nantes appartient définitivement au ventre mou de ce championnat.
EA Guingamp-FC Nantes 2-2

Le TFC ragaillardi par une victoire en milieu de semaine face à l’OM en coupe de la Ligue avait besoin de points pour sortir de la nasse. Le hic, c’était l’adversaire du jour. Déjà malheureux lors du tirage des demi-finales (PSG-Toulouse, Bordeaux-Lille), les toulousains malgré une performance émérite mais teinté d’inefficacité ont eux aussi fini par céder face au talent des joueurs parisiens. Zlatan pour sa tournée d’adieu a frappé une 16ème fois en Ligue 1. Suffisant pour des parisiens qui regardent le calendrier et préparent déjà le duel face à Chelsea.
TFC-PSG 0-1

Autre hasard du calendrier, les girondins et les lillois, 2 équipes à la dynamique positive, s’affrontaient avant un futur duel pour le Stade de France (demi-finale de Coupe de la Ligue). Duels de coachs pas avares en discours entre Sagnol et Antonetti mais dont les prestations des équipes n’ont jamais été aussi éloignés de leurs “théories”. Résultat, un but Diabatesque (la balle semble plus rebondir sur son crâne ! ! !)  dans un Matmut Stadium à moitié plein lors d’une rencontre monotone globalement contrôlée par les girondins pour sceller la victoire bordelaise.
FCGB-LOSC 1-0

Conclusion…

27 buts marqués, beaucoup de suspens, embouteillage chez les poursuivants et à l’arrière du peloton. Seuls le PSG et Troyes ont des garanties sur leurs destins respectifs… Bref un week-end habituel en Ligue 1 (avec les buts en prime).

Ça grouille sur la planète foot

Et comme si tout n’allait pas assez mal dans ce bas-monde, Aulas a lancé un dernier coup de poignard à Claudio (pourquoi pas Claude d’ailleurs ???) Beauvue, Kalou annonce vouloir aider le Hertha Berlin à gagner un Champions League (Rien que ça ! ! !), Manchester United envisage de dépenser environ 150 millions d’euros cet été, Platini s’est retiré de la course à la FIFA, Blatter continue d’être payé malgré sa suspension, le Milan AC porte plainte contre son ex-recrue gambienne Yusupha Yaffa âgé de 28 ans au lieu de 18 (faut dire que l’individu a été accusé de viol en 2015 et s’en est sorti de par son statut de mineur au moment des faits). 

Le Graët la joue Martin Luther King sur fond de démagogie (“vous voulez que je dise dehors l’arabe ?”– du calme papi ! ! !) en venant à la rescousse du “mercenaire” Benzema, la victime Valbuena nous a pourri le Dimanche précédent [en déclarant qu’il n y a pas eu mort d’homme durant la (sex)Tapegate sur fond de “j’ai envie de jouer l’Euro” quitte à pactiser avec le diable], son “adversaire” Benzema (qui est stratosphérique sous la tunique merengue) à travers les déclarations de son gestionnaire de vestiaire d’entraineur Zidane est venu polluer le Dimanche soir de tout amateur de foot ayant une quelconque éthique (dixit “Je ne vois pas comment la France peut se passer d’un joueur du calibre de Karim”). J’aimerai lui répondre (à ma petite échelle ! ! ! !) que Giroud, Griezmann, Martial au-delà d’aligner des performances hautement satisfaisantes dans leurs clubs ont montré une complicité technique qu’on n’a pas vu depuis un moment en attaque. Lacazette, Gameiro, Coman voire N’tep ou Gignac ne sont pas des manches. Ces messieurs sont certes moins talentueux mais aussi moins arrogants (à eux 3) et ont le respect pour leurs coéquipiers et l’image de la France. Quand on voit les déclarations hallucinantes de victimisation lors de son interview sur TF1, on comprend mieux ses performances en bleu. Aucune remise en question chez ce joueur. L’équipe de France n’a pas besoin d’individus capables de poignarder un coéquipier dans leur sommeil. Autant inviter le diable dans son antre ! Encore,l a question se poserait si Benzema avait été exemplaire dans l’attitude, le dévouement et la performance en EDF (27 buts en 81 sélections, waouuuuuh ! ! !). Mais entre les complaintes de Domenech (déjà !) sur la fameuse génération 87 en 2008 qui lui valut de regarder l’Euro 2008 et le Mondial 2010 à la maison, les performances à l’Euro 2012 et au Mondial 2014, son refus de jouer en doublette en attaque avec Giroud, ses statistiques et cette fameuse affaire de complicité dans une tentative d’escroquerie (d’un coéquipier qui plus est ! ! !), dur d’en faire un membre inconditionnel des bleus. La France ferait moins peur sans Benzema ? Certes oui. Mais ça fait un moment mon cher Zizou qu’on attend de voir le Benzema du Real. Gourcuff, Marvin Martin, Ribery, Giroud (sur l’égalisation face à l’Espagne en Octobre 2012) et même Sakho (lors du miracle du Stade de France en Novembre 2013) nous ont procuré des moments d’émotion en bleu. On ne cite pas là des légendes telles Zidane, Thuram, Lizarazu, Kopa, Henry, Papin, Trezeguet...

Jouer pour son pays, c’est se mettre au service du collectif pas venir jouer les petites terreurs de quartier. Dans d’autres sports ou d’autres nations, la réalité du quotidien encore plus difficile que de grandir en banlieue lyonnaise fait prendre conscience aux sportifs qu’ils sont les ambassadeurs d’une certaine jeunesse et que leur attitude peut conditionner le regard des autres sur leur communauté quand elle n’influe pas déjà l’attitude de leurs fans dans le quotidien.

Je citerai à titre d’exemple les 2 stars de la NBA : Kevin Durant, Lebron James qui non contents de grandir dans des quartiers difficiles gangrénés par la drogue et le crime, ont du faire sans la présence paternelle et supporter la pression d’enfant star depuis les années collège (sachant que les médias anglo-saxons sont autrement plus intrusifs que les médias français souvent assez manipulables).
L’excuse de la jeunesse difficile n’est plus acceptable lorsqu’on a quitté les pseudo-ghettos des banlieues françaises depuis son adolescence pour être couvé dans les centre de formation depuis l’âge de 14 ans. Ribéry, Savidan par exemple, eux ont connu la vraie galère au quotidien ! ! !

Pour ma part, point de Benzema à l’Euro, de même que point de Valbuena qui n’a jamais rien montré au niveau international (un joueur souvent courageux dans des effectifs à la dérive). Les Bleus et leurs supporters ont besoin de calme et de sérénité surtout en ces temps difficiles sur fond de crise économique, de montée des extrêmes, de menaces terroristes. Si certains pensent être heureux à Madrid, loin d’un acharnement invraisemblable des médias français, libre à Deschamps de leur offrir des vacances anticipées au soleil.
Pas besoin de gagner l’Euro pour être fiers des Bleus, juste montrer du courage, être à la hauteur de l’évènement au niveau de l’implication bref tout donner pour pas avoir des regrets… L’exemple du crash de 2002 en Corée du Sud/Japon avec des attaquants d’une autre dimension (Cissé, Trézeguet, Henry) nous rappelle que ce n’est pas le CV et les statistiques en club qui définissent une équipe nationale. C’est l’amour du maillot. J’ai beau chercher, aucun souvenir d’avoir vu une quelconque démonstration de l’amour du coq du côté de Madrid.

Par Lionel, Top11.fr