Nelson Mandela, son legs est éternel Par Antoine Catalayud

Je me souviens de cette image. Je me souviens de le voir avancer, droit et fier, tenant sa femme par la main. Derrière lui, des centaines de partisans. Il y avait des cris et des vivas. Nelson Mandela venait d’être libéré après 27 ans de prison.

Mon père m’avait assis de force devant la télévision m’expliquant que j’étais en train de vivre un moment important de notre histoire, un moment qui changerait le monde tel qu’il était conçu. Je n’en comprenais alors pas forcément la portée mais pourtant je n’arrivais pas à quitter le petit écran des yeux.

Comme tous les enfants d’Afrique, j’ai grandi à l’ombre de Nelson Mandela, cet idéaliste, ce pacifiste qui avait réussi à abattre le mur des préjugés raciaux.
Cet homme, dont la bonhomie n’avait d’égal que la détermination, avait redonné aux noirs une fierté identitaire. Son espoir de pouvoir vivre, non seulement dans un pays, mais surtout dans un monde égalitaire, avait dicté sa vie.

Le jour du procès qui allait l’envoyer en prison pendant 27 ans, il déclara même à une cour blanche médusée:

“Mon idéal le plus cher a été celui d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales. J’espère vivre assez pour l’atteindre. Mais si cela est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »

Cet homme a donné 27 ans de sa vie parce qu’il aimait l’humanité, parce qu’il croyait en un projet ambitieux : celui qui ne verrait plus aucun peuple souffrir sous le joug d’un dictat quelconque. Certains diront que c’était un terroriste, qu’il avait délaissé les méthodes pacifistes de Gandhi, son modèle, pour armer sa lutte. Je leur répondrais alors qu’ils n’ont rien compris à sa vie.

Mandela ce n’est pas qu’une belle histoire pour tout le peuple noir et pour le continent Africain. Non.

Mandela c’est l’essence même de notre humanité, il est celui capable de tous nous sublimer. Mandela c’est l’arbre solide dans la tempête, le garde-fou de notre société viciée et décadente, celui qui nous rappelle notre statut d’Homme dans cette crise identitaire qui nous étouffe. Mandela c’est l’abnégation, c’est la victoire de la conscience, la gloire du pardon universel. Son message n’a pas de limite, il est apatride et apolitique.

Et voilà qu’aujourd’hui il n’est plus, laissant un monde fragile seul face à sa destinée.

Qui en sera dorénavant le garant ?

Et que va t-il advenir de l’Afrique?

Faut-il avoir peur que le continent sombre dans une profonde dépression dont on ne peut connaître les conclusions ?

Les différents partis, les ethnies, et les religions continueront-elles à s’entendre sans sa “présence” ?

Quels seront dorénavant les modèles des jeunes africains, qui leur montrera le chemin ?

Je ne sais pas et j’ai peur.
J’espère me tromper et faire preuve de pessimisme.
J’espère que l’Afrique, mon Afrique, est maintenant assez mure pour prendre sa destinée en main sans jamais renier l’exemple de Mandela. L’exemple que l’on peut réussir n’importe quoi par la simple force de la conviction.

En attendant, pleurons ensemble le dernier gardien du temple, pleurons notre bonne conscience, exprimons la tristesse d’avoir perdu l’un des hommes les précieux de notre petit monde. Mais dans notre malheur nous sommes chanceux, nous pourrons dire à nos enfants que nous avons connu Nelson Mandela.

Mandela. 7 lettres et 3 syllabes qui résonne en moi comme une promesse de bonheur.


Cet article a été rédigé par Antoine Catalayaud du blog Le Plancher Qui Craque

Bio de Antoine : Le Plancher Qui Craque, Fabricant d’histoires vous fait vivre par les mots des récits extraordinaires. Montréal.

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