Afro Inspiration : Romarick Okou, candidat du Parti Québec Solidaire

Nous avons rencontré Romarick Okou, candidat du parti Québec Solidaire dans la circonscription Marguerite-Bourgeoys pour les élections québécoises 2012.

*Bonjour, pour ceux qui ne vous connaissent pas quelle est la dernière fonction occupée avant d’être candidat et votre parcours académique ?

Bonjour à vous. Tout d’abord et cela avant toutes choses, j’aimerais vous dire un grand merci d’avoir pensé à me donner l’occasion de m’exprimer à travers votre canal et de pouvoir ainsi rejoindre ainsi les membres de nos communautés à travers le monde. AfrokanLife, votre excellent réseau de communication est un exemple de rapprochement culturel et géographique. Pour répondre à votre question je veux juste vous dire que je possède plusieurs expériences en termes de mobilisation et d’activisme politique. Sur le plan professionnel, je suis encore aux études et je me concentre en ce moment sur ma formation en éthique appliquée au sein de laquelle j’ai décidé d’entreprendre bientôt un programme de doctorat. Je veux le faire afin d’avoir l’occasion d’amorcer des recherches sur le terrain pour essayer de comprendre et apporter des réponses à certaines problématiques reliés à l’interculturalisme et  à l’intégration des nouveaux immigrants au Québec. D’autre part, je m’investis aussi beaucoup au sein d’organismes communautaires dans diverses formes de soutiens académiques auprès des jeunes étudiants ainsi que dans l’intégration justement de personnes nouvellement établis au Québec.

*Pourriez-vous résumer votre circonscription en 3 mots ?

Il s’agit d’une circonscription qui regorge de richesses historique et culturel. De beaux parcs ainsi un très bon cours d’eau ainsi qui constituent des terrains d’attraction pour des activités familiales et communautaires. Nous possédons aussi une population qui est très proportionnellement rapartie selon l’âge et le sexe. Elle est aussi à la fois multiséculaire et multiculturelle tout en étant intègre et ouverte sur l’extérieur. Pour faire vraiment un résumé en trois mots je dirais : ouverture,  histoire et interculturalisme.

*Comment entendez-vous aider les communautés noires face aux défis économiques auxquels elles doivent faire face?

Pour commencer, on pourrait chercher à faire la promotion de certains bons exemples de réussite en termes d’intégration et d’accomplissement au niveau national afin de les présenter comme modèles pour les générations suivantes. Contrairement aux Etats-Unis par exemple, nous n’avons pas de leaders assez forts, assez rassembleurs et assez représentatifs d’une certaine diversité que nous possédons aussi entre nous-mêmes. Il en existe quelques-uns mais beaucoup reste à faire. Je dois aussi dire que je ne suis pas vraiment pour des formes de cloisonnement en société mais dans certains cas particuliers, des politiques de discrimination positives peuvent beaucoup aider. Je sais qu’il y a des personnes n’aiment pas entendre parler de cela et ils ont leurs raisons. Mais je pense de mon coté que si on commencait par avoir des exemples assez visibles, cela pourrait peut-être permettre de donner assez d’espoir aux autres qui vont suivre sans avoir pour la suite recours à cela. Peut-être qu’il faudrait faire cet effort ou devrais-je dire ce sacrifice, au niveau d’une génération donnée pour essayer d’améliorer les choses.

En plus de cela, on pourrait aussi penser à s’organiser de façon un peu plus concrète. Mettre sur pied à notre niveau un genre de fond de crédit, une caisse collective ou alors une banque d’aide dont les capitaux pourraient servir à promouvoir l’accomplissement des jeunes noirs dans différents domaines économiques et institutionnels. Les éventuels intérêts générés par ces fonds pourraient aussi être investis au profit de l’éducation des differentes couches de nos communautés. Bien entendu, avant de faire tout cela, il faudrait d’abord arriver à rassembler le maximum de personne afin de les faire pleinement adhérer à un projet de développement commun.

Finalement, il ne faudrait pas oublier que toutes ces choses comme beaucoup d’autres doivent être vraiment conformes aux valeurs ainsi qu’aux attentes en vigueur au sein de la province dans laquelle nous nous trouvons. Cela, afin de ne pas créer chez d’autres personnes un sentiment de répulsion mais bien au contraire, un sentiment de fierté et d’approbation légitime qu’ils pourraient bel et bien revendiquer et chercher eux-aussi à en faire partie.

*Les jeunes noirs ne sont pas très représentés dans les sphères  politiques. Quelles mesures préconisez-vous pour susciter l’engagement politique des communautés noires ?

Je pense que ceux qui sont déjà dans l’arène devraient être devraient trouver les moyens d’aller parler et échanger avec les jeunes. On doit pouvoir aller tenir des débats en face de ces derniers sur leurs sujets de préoccupations et être présents quand ceux-ci désirent exprimer leurs opinions. On peut aussi faire comprendre aux jeunes à travers différentes formes de projets qui peuvent culturel, artistique, éducatif ou informatif, qu’il existe de réels intérêts en la participation à la vie démocratique de la nation dans laquelle ils vivent. On doit pouvoir à travers ces différentes formes de communications arriver à leur expliquer qu’une implication politique peut être tout aussi ’cool’ que positive pour eux-mêmes. En ce qui me concerne, je suis prêt à aller démontrer et expliquer à nos jeunes que le domaine politique n’est pas un domaine fermé mais bien au contraire, un environnement ouvert et accueillant. On a besoin de tout le monde quand on cherche à faire passer un message. On a besoin de tout le monde lorsque l’on cherche à promouvoir un projet ou une idéologie. Je veux profiter de l’opportunité que vous m’offrez pour dire que les jeunes noirs peuvent adhérer et devenir membres de partis politiques de leurs choix en fonction bien-sure des idéologies qui sont les leurs. Ils peuvent faire valoir leurs idées et opinions au sein d’instances comme les associations des femmes, des jeunes, des hommes, des étudiants, etc. Il n’existe aucuns freins à cela si ce n’est le strict respect des normes, politiques, statuts et règlements internes des formations politiques auxquelles ils désirent adhérer.

En ce qui me concerne, j’ai eu de façon concrète quelques petits problèmes à intégrer des jeunes noirs dans notre équipe locale de campagne parce que ces derniers pensaient qu’il leur fallait certaines qualifications qu’ils pensaient ne pas posséder. Ce qui n’était vraiment pas le cas. En dehors d’une implication permanente, il est aussi possible de s’impliquer dans une campagne précise et dans l’équipe de son choix en faisant simplement une demande au comité de campagne que l’on aimerait intégrer en fonction de ces propres disponibilités. Cela peut permettre d’en apprendre au fur et a mesure de son implication qui peut se situer je le rappelle à n’importe quel niveau en fonction de ce que l’on pense savoir faire le mieux. Ce sont ce genre de choses qui peuvent à la longue développer le gout pour les activités politiques ou réveiller l’animal politique qui se trouve au fond de chacun de nous.

image Québec Solidaire Marguerite-Bourgeoys

*Quels sont les principaux défis reliés à la corruption au Québec et comment votre parti entend-il les relever?

Cela fait longtemps que mon parti a commencé à dénoncer le degré de corruption qui existe depuis bien longtemps au sein de nos institutions. Vous savez, si on était capable de conserver ne serait-ce que la moitie de nos revenus qui disparaissent dans les caisses noirs, on pourrait réaliser tellement de choses au Québec. Pour lutter contre ce fléau, ce que nous proposons c’est d’éloigner les partis et formations politiques du monde des affaires afin de bien faire ressortir l’indépendance des politiciens. Il faudrait renforcer les lois afin d’obtenir un meilleur control sur les apparences de conflits d’intérêts ainsi que leurs sources. Établir une cloison assez étanche entre les carrières politiques et les carrières dans le monde des affaires. Nous préconisons aussi certaines mesures sur les partis et leurs finances. On pourrait faire en sorte d’adopter un financement essentiellement public des partis politiques qui pourraient permettre de mettre tout le monde sur le même pied d’égalité en réduisant au maximum les donations privées. Finalement nous suggérons d’accroitre un control parlementaires et régulier sur les institutions qui sont chargées de gérer les  fonds publics appartenant aux québécoises et aux québécois.

*Quels sont les principaux défis économiques de votre région et comment entendez-vous défendre les intérêts de la métropole, une fois au pouvoir?

Les principaux défis de la région que je compte représenté se situent au niveau du transport intra-urbain ainsi que de l’éducation de nos masses. Pour s’attaquer à ces deux points nous préconisons à Québec solidaire, l’électrification des transports publics ainsi que certaines facilités pour permettre au plus grand nombre un accès facile à l’éducation. En ce qui concerne la métropole montréalaise, toutes nos priorités ne sont pas forcement économiques. Nous comptons par exemple une fois au pouvoir régler pour une bonne fois les préoccupations face aux questions linguistiques au sein de la métropole. Contrairement à certaines autres formations nous ne comptons pas le faire de façon coercitive mais plutôt de façon concertée. Nous voulons faire cela,  en privilégiant les incitatifs qui pourraient faire en sorte que les gens puissent adhérer par eux-mêmes à nos différentes propositions. La mise sur pied des états généraux dès notre prise de pouvoir nous permettra de régler la question identitaire ici au Québec. Nous allons donner le pouvoir aux populations afin que selon un processus délibératif, participatif et inclusif nous puissions tous arriver à régler l’ensemble des problèmes qui se rattachent à cette question. La meilleure façon de faire cela consiste justement pour nous, à mettre sur pied des assemblées populaires qui seront très représentatives de la diversité de la nation que nous formons. La priorité aussi pour un gouvernement solidaire sera le désengorgement des urgences médicales par la création d’un nombre assez suffisant de CLSC ainsi que le recrutement de plusieurs infirmières et auxiliaires en soins de santé pour s’attaquer aux différents problèmes de santé mineurs qui ne nécessitent pas forcement l’intervention de spécialistes. Je pense que ces principaux points une fois régler, pourraient permettre plus aisément de donner un bon coup d’accélérateur au développement économique de notre métropole.

Note : AfrokanLife a pris contact avec 8 candidats de tous les partis pour réaliser un dossier sur les élections au Québec. Seul Romarick Okou a répondu à la sollicitation. Pour plus d’informations sur le déroulement de la campagne : www.electionsquebec.qc.ca

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