Kemi Seba, l’enfant terrible du panafricanisme dans Jeune Afrique

Enfant terrible de l’afrocentrisme et fondateur de la Tribu Ka, Kemi Seba a posé ses valises au Sénégal et remisé au placard ses déclarations suprématistes. Mais la provocation n’est jamais loin.

Il a mis les voiles loin de Paris et du Forum des Halles, où, adolescent, il traînait en pantalon baggy avec ses “frères” de couleur et où, à 18 ans, en costume et noeud papillon, il leur vendait le journal de la Nation of Islam (NOI).

Depuis février 2011, c’est au Sénégal que Kemi Seba, 32 ans, l’enfant terrible de l’afrocentrisme francophone, a pris ses quartiers. Pour le fondateur de la Tribu Ka, association prônant “la défense du peuple noir”, Franco-Béninois né et élevé dans l’Hexagone, le retour vers la “Terre Mère”, si longtemps idéalisée, a valeur de révélation. “Je lui avais demandé d’être le porte-parole d’un projet utopiste d’inspiration rasta : la création d’un village de brousse destiné à accueillir le retour ­collectif des afrodescendants”, raconte Fred Kano, PDG d’Afrikan Mosaïque. Trois ans plus tard, le bilan est clairement mitigé et l’exode espéré n’a pas eu lieu. Mais pour Kemi Seba, qui arbore désormais le look local (cafetan et maraki), le fait de ne plus être un Noir au milieu des Blancs a eu l’effet d’une cure de jouvence : “Je ne me suis jamais senti aussi bien ! Ici, mon rapport à l’Occident a changé.”

Au Sénégal, il est devenu en peu de temps un “panafricaniste révolutionnaire” qui discourt dans les universités et présente doctement son dernier livre aux médias.

En France, il avait cultivé une réputation de suprématiste jusqu’au-boutiste, hostile à toute cohabitation entre les “kémites” (les Noirs, dans son lexique de l’époque) et les “leucodermes” (les Blancs) ou les “Arabes”. Au Sénégal, il est devenu en peu de temps un “panafricaniste révolutionnaire” qui discourt dans les universités et présente doctement son dernier livre face à Alassane Samba Diop, l’intervieweur vedette de la Télévision Futur Média (TFM). Depuis la fin de septembre, il est même le chroniqueur attitré du Grand Rendez-Vous, un talk-show hebdomadaire de la 2STV diffusé à travers le continent via le bouquet satellite de Canal+. “J’ai découvert les polémiques à son sujet avant de l’inviter pour parler de son livre, explique Alioune Ndiaye, producteur de l’émission. Vu de France, c’était un personnage sulfureux, mais je sais de quoi les médias sont capables avec ceux qui dérogent au politiquement correct. Je cherchais un polémiste percutant ; la seule chose qui m’importait, c’était son attitude sur le plateau.”

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