Sortie du documentaire ‘Ceuta, douce prison’, dans la salle d’attente de l’Europe.

Sortie du documentaire « Ceuta, douce prison », dans la salle d’attente de l’Europe.

Aujourd’hui 29 janvier, sort en France le film-documentaire « Ceuta, douce prison » réalisé par Jonathan Millet et Loïc H. Rechi. Avec sincérité les deux hommes dressent un triste tableau du quotidien des migrants en attente d’un laisser-passer pour l’Europe.

ceuta 1

Ceuta, ville autonome espagnole (elle ne fait pas partie de l’espace Schengen), forme une encoche sur la côte nord du Maroc. Petit bout de terre méditerranéen à quelques kilomètres de la péninsule ibérique, Ceuta a de tout temps été convoité de par sa position stratégique. Phénicienne, grecque, carthaginoise, numide dans l’Antiquité, romaine catholique, musulmane pendant sept siècles, puis dominée par le Portugal, la ville de Ceuta tombe enfin aux mains des Espagnols à partir du XVIIe siècle. Bref, une histoire compliquée pour ce si petit territoire de 18km² qui est encore aujourd’hui revendiqué par de nombreux marocains qui le considèrent comme un vestige du colonialisme.

Le décor est posé pour « Ceuta, douce prison ». Quelle prison ? La prison à ciel ouvert de tant de migrants venus d’Afrique et d’ailleurs, qui cherchent à s’échapper vers le vieux continent.

ceuta 2

La caméra de Jonathan Millet et de Loïc H. Rechi suit alors le parcours de cinq candidats à l’exil. Avec un très long travail en amont et beaucoup de temps passé au côté de ces hommes, les réalisateurs ont ainsi pu comme ils le disent « suivre au plus près » les personnages, « partager et ressentir leurs quotidiens, leurs doutes et leurs espérances ». Un point de vue interne, au plus près de ce que ressentent ces clandestins qui peuvent rester là de quelques mois à plusieurs années.

Pas de commentaires, pas de voix-off, le documentaire se veut nu, sans état d’âme, sans doute pour montrer le côté implacable de la réalité de l’immigration vers l’Europe. Sans doute aussi pour montrer que derrière les rêves plein d’espoirs, le quotidien est divisé entre ennui de l’attente d’un laisser-passer et crainte d’être renvoyé vers son pays d’origine.

Bande-annonce du film :

Soutenu par Amnesty International France, Migreurop, La Ligue des Droits de l’Homme, l’Association européenne des Droits de l’Homme et le mouvement Utopia, le film se veut un constat d’une frontière invisible et pourtant toujours d’actualité : entre Nord et Sud, entre Afrique et Europe, entre terre et mer, entre le ciel et les murs de cette « prison ».

Une projection-débat aura d’ailleurs lieu ce vendredi 31 janvier à Paris, en présence des réalisateurs Jonathan Millet et Loïc H. Rechi, et de Jean François Dubost, responsable du Programme Personnes déracinées d’Amnesty International. Pour cela, rendez-vous à partir de 20h au Cinéma La Clef, situé au 34 rue Daubenton dans le 5e arrondissement.

Plus d’informations :

http://ceuta-douce-prison.tumblr.com/
http://www.amnesty.fr/Mobilisez-vous/Bougez/Ceuta-douce-prison-10673?utm_source=facebook&utm_medium=reseaux-sociaux&utm_campaign=FB-amnestyfr

Laisse nous ton commentaire

commentaires

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here