Afro Inspiration : Hakim Djelouat, fondateur de Sports Afrika

La Lybie a déjoué tous les pronostics en remportant le CHAN 2014. À l’issue de la finale, nous avons rencontré Hakim Djelouat commentateur lors de l’événement sur la chaîne AFNEX. Hakim nous donne ses impressions sur le tournoi et sur l’évolution du football africain.

Présente-toi à nos lecteurs (nom, parcours, ville de résidence)?

Salut à tous les lecteurs d’ATS, je suis Hakim DJELOUAT, j’occupe la fonction de Chef Éditorial et Journaliste rédacteur – reporter pour différents médias (Eurosport, TF1, LC2, Kombat Sport, L’Equipe, le groupe AFP, et la première Radio Africaine en France). Je suis né en France et je vis à Paris. Je suis diplômé du Centre de formation des journalistes à Paris (information généraliste : Politique, Économie, Sport, Culture, Social). Diplômé également de l’École Supérieure de Journalisme, j’ai démarré ma carrière en Radio. J’ai été ensuite repéré et recruté par la Chaîne TV International EUROSPORT, ou je continue à poursuivre ma carrière. A l’issue de ces expériences et attaché au continent africain et au Journalisme de Sport, LC2 m’a proposé de rejoindre le groupe afin de couvrir différentes compétitions sportives africaines (Coupe du Monde de Football, Coupe d’Afrique des Nations, Tournoi de l’UEMOA, Ligue des Champions Africaine, Coupe de la Confédération Africaine, Rugby, Basket, Athlétisme…). Je suis également le fondateur de la page d’information sportive Sports Afrika, dédiée au sport africain et international.

Étant commentateur de la CHAN 2014, tu as été aux premières loges de l’événement. Que penses-tu du niveau global de la compétition ?

J’ai été impressionné par le niveau global des sélections pour plusieurs raisons. D’abord, pour l’enthousiasme et l’envie de toutes les nations présentes en Afrique du Sud. Aucune sélection n’a déméritée même après avoir quitté la compétition prématurément. Ce qui prouve que le football Africain a évolué et progressé dans le bons sens. Ensuite, j’ai été impressionné par le nombre de buts inscrits durant cette édition, au total,  73 buts en 32 matches, ce qui est énorme en termes de statistiques, soit une moyenne de 2,28 buts par rencontre. Et chaque but était différent avec son charme particulier. L’autre raison qui me pousse à vous dire que ce CHAN 2014 est différent des autres, est toute simple, cette année nous avons suivi un Championnat d’Afrique des Nations avec un jeu porté vers l’avant certes, par le nombre de buts inscrits au total, 73, mais surtout par une tactique défensive impressionnante de la part de certaines sélections telles que le Zimbabwe, ou la Libye, qui réussit à remporter son premier titre continental en football.

Quelles sont les équipes qui t’ont fait la meilleure impression ?

La Libye a fait preuve d’une très bonne organisation défensive. Le Nigeria possède de très bons joueurs locaux. Et la Mauritanie pour une première participation a montré d’excellentes qualités footballistique en marquant quasiment à chaque match au moins deux buts.

Quelles sont tes déceptions ?

Le Maroc a montré un football offensif  intéressant. En revanche, nous avons observé avec d’autres journalistes sur place pas mal de lacunes défensives, notamment face au Nigeria, lorsque les Lions de l’Atlas menaient par 3 buts à 0, ils ont été surpris par une séduisante sélection des Super Eagles qui ont réussit l’impossible, marquer 4 buts, en s’imposant avant la séance des tirs aux buts.

Des joueurs ont-ils attiré ton attention ?

Eagles-Qualify-For-Quarter-FinalsaMohamed Abdaula (Libye), le gardien Libyen a été très fort sur sa ligne et lors de la séance des tirs au but, il dispose surtout d’un mental fort pour encourager ses coéquipiers à chaque match. Et Christantus Ejike, l’attaquant du Nigeria a toute sa place en sélection A. Je ne serais pas étonné s’il est appelé par son sélectionneur pour prendre part aux matchs amicaux avant le Mondial 2014.

Un petit mot sur l’organisation du tournoi  et le travail effectué par la CAF ?

L’Afrique du Sud a eu la chance d’organiser une énième compétition sportive sur son sol, belle organisation depuis le jour de la cérémonie d’ouverture jusqu’à la clôture. En terme de sécurité, il n’y a pas eu beaucoup de problèmes à déplorer par l’instance de la CAF et de la Fédération Sud-Africaine de Football. L’axe de progrès, je pense, est de développer des actions à destination des citoyens Sud-africains afin d’accueillir plus de spectateurs dans les stades (opération à destination des Écoles, des clubs sportifs, des quartiers…).

Depuis le match de barrages Burkina Faso-Algérie en vue du mondial 2014, l’arbitrage en Afrique est souvent pointé du doigt. Les arbitres du CHAN ont-ils été à la hauteur ?

Non pas depuis ce match, depuis des années, l’arbitrage est pointé du doigt, et pas seulement en Afrique, mais partout dans le monde. Lorsqu’un match en revanche est bien encadré et bien arbitré par un officiel, nous l’entendons moins de la part des médias ou des fans de football tout simplement. Au regard de la finale du CHAN 2014, l’arbitre international Algérien, Mohamed Bennouza, a officié et réussi à encadrer parfaitement la rencontre entre le Ghana et la Libye. Il ne faut pas oublier, que l’arbitre est humain et que l’erreur également est humaine.

Une telle compétition est elle bénéfique pour les joueurs locaux ? Et pour les sélections africaines qui misent plus souvent sur les joueurs expatriés ?

Oui le CHAN est bénéfique pour les joueurs locaux. L’idée du CHAN au départ est de créer une belle vitrine pour les joueurs de football locaux et ainsi leur permettre de saisir une chance de s’exprimer au plan international.

Le CHAN ne risque-t-elle pas de faire de l’ombre à la CAN ?

Non, bien au contraire, c’est une compétition complémentaire à la CAN. Celle-ci peut servir de tremplin à certaines nations du football qui ne se qualifient pour la CAN, et ainsi permettre plus de visibilité aux joueurs locaux pour gagner en temps de jeu en sélection, et ainsi prétendre à intégrer la sélection A.

PAR

JEAN-LUC A.

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