Festival International nuits d’Afrique 2015 : la compilation

Le Festival International Nuits d’Afrique créé en 1987, est un peu le genre d’évènement qui nous frustre, nous français, et l’on se dit que c’est bien dommage que Montréal ne soit pas une banlieue parisienne. Car réunir autant de perles rares à des prix si abordables, ça ne court pas les rues dans la capitale (paye tes 100 € pour ton Rock en Seine !). Contrairement à ce que le titre pourrait supposer, il ne s’agit pas d’un sommet international des dictateurs africains insomniaques, mais plutôt d’un rassemblement artistique dont le maître mot est diversité. D’Afrique, des Antilles, d’Amérique latine ou de France, la programmation mêle le traditionnel au moderne en s’affranchissant des frontières géographiques et en prônant le métissage culturel, sonore et social.

Pour cette mouture 2015, on a reçu la compilation officielle. Notre avis sur le skeud.

La rondelle

On pourra toujours se poser la question de l’intérêt artistique d’une compilation. En réalité, il suffit de prendre cette galette comme elle est, un teaser à la programmation du festival qui donnera assurément envie d’y faire un tour. Pour les connaisseurs, le casting est alléchant, en découle un véritable éclectisme dans cette sélection qui touche à tous les genres possibles et couvrant un champ assez large de répertoires actuels comme folkloriques. Les harmonies de la kora répondent facilement aux riffs de gratte électro, tandis que les bongas retentissent sur des Polyphonies africaines. Le rock électrisant de Zebda fait place à la poésie urbaine de La Rue Kétanou (les deux sont des ténors indéboulonnables de la scène française, à conseiller vivement), comme carrefour des cultures, les chants sibyllins de Black Umfolosofi (majestueux ensemble de voix) s’entremêlent à la fanfare samba de Ondatropica qui nous laisse un petit arrière-goût de Tito Puente. Mention spéciale à Maya Kamaty, qui s’écoute les yeux fermés comme un conte nocturne où la chanteuse semble épingler des étoiles à un ciel africain encore encore vierge. Le combo Sousous et Maher Sissoko aux cordes et aux chants envoûtants justifie à lui seul l’écoute du CD (gros coup de cœur) avant de terminer sur un Patrice qui s’exprime dans un registre beaucoup plus pop et déchanté qu’on ne lui connaissait pas (mais qu’on aime beaucoup). On en oublie d’autres, mais tous valent franchement le détour.

Bref, cette compile respire la joie et le renouveau, à laisser tourner en fond sonore inévitablement en été sur un hamac, avec un gros cigare dans la bouche et un verre de bissap fait maison. À acheter, télécharger ou voler chez votre disquaire.

Playlist :

Zebda – Les petits pas
Maya Kamaty – Ansanm
Ondatropica – Tiene Sabor, tiene Sazon
Sousou é Maher Cissoko – On Verra
Admiral T – Pa Lagé
Awa Sangho – Allah Ta Ye Tougnaye
Paulo Flores – Poema do Semba
Chico Trujillo – La cura del espanto
Bongeziwe – Mangaliso
Marema – My friend
La Chiva Gantiva – Para Arriba
La Rue Kétanou – Le capitaine de la barrique
Famalé – Famalé
Patrice – Cry Cry Cry
Black Umfolosi – Shosholoza

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Docteur ès toutologie, je distille perfidement mes idées interlopes à travers des articles de prime abord, anodins, mais secrètement prosélytes afin de convaincre mes lecteurs de se lever pour suivre la lutte armée des vendeurs de roses ambulants pakistanais contre le diktat des amants insensibles et radins. Pour me vomir sur la raie, m'envoyer des fleurs, de l'argent ou vos menaces, une seule adresse : anasajabar@gmail.com

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