Afro Inspiration : Elodie BADOHOUN, co-fondatrice de la marque KEVE

A l’occasion du dévoilement du lookbook printemps-été 2013, nous avons rencontré l’équipe de la marque KEVE pour en savoir un peu plus sur cette nouvelle collection!

marque KEVE

Bonjour Elodie BADOHOUN, présentez-vous brièvement pour nos lecteurs ?

Bonjour à tous, Je suis Elodie BADOHOUN, styliste-modéliste homme/femme de formation. J’ai travaillé chez plusieurs créateurs avant de créer Kévé avec Olivier BADOHOUN, mon frère et associé.

Comment êtes-vous devenu designer ? Est-ce une vocation ?

J’ai fait la formation précédemment citée à Esmod car j’ai toujours su ce que je voulais faire. J’ai eu beaucoup de doutes dû à mon jeune âge , du à mon manque de confiance et à l’insécurité que peut représenter le monde artistique. J’ai donc suivie une voie générale, mais ce n’était pas cela ! J’ai donc tout plaqué pour suivre cette nouvelle formation et enfin faire ce que j’aimais vraiment. Je voulais partager mes idées, mes envies, mes rêves. Je voulais mettre en valeur le corps humain avec un petit quelque chose de nos origines. C’est une vocation. C’est juste que je l’ai compris tardivement.

A quoi ressemble une journée typique dans la vie du designer Elodie BADOHOUN?

Une journée type ? Réveil à 7h, c’est-à-dire levée à 8h30! Mails, puis constitution de l’emploi du temps du jour, rdv, création/couture, suivi, production… couchée à 1h.

Quelles sont les principales difficultés que vous devez surmonter ? 

Ce sont principalement des difficultés dû à la structure naissante de la société. Nous sommes peu nombreux et portons toutes les casquettes en même temps. On court après ce temps justement. C’est le plus gros challenge.

Pourquoi avoir fait le choix (stratégique) du sur mesure?

Il s’agit d’une production de chemises made in TOGO. Ce n’est pas du sur mesure. Seuls quelques modèles sont en série ultra limité (6 pièces par modèle).

Que pensez-vous de ce buzz sur le wax et le bazin chez les designers de haute couture et prêt-à-porter occidentaux?

C’est plutôt positif mais c’est même dommage que ce ne se soit pas passé avant. Cela permet de faire connaitre ces tissus « afro » très portés en Afrique, du grand public occidental. Cela a amené la démocratisation de ces tissus qui les rend plus accessibles quel que soit son origine. Chez Kévé ce n’est pas qu’un effet de mode. L’essence de la marque est cette touche afro soit par le made in Africa, soit par l’emploi de tissus particuliers.

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D’où viennent vos tissus ? Présentez-nous un peu les matériaux avec lesquels vous travaillez ?

Nos tissus viennent de Lomé, au Togo. Nous avons la chance de pouvoir bénéficier d’un marché du tissu très bien fourni, où s’approvisionnent d’ailleurs les professionnels des pays limitrophes. Nous utilisons des matières de la chemiserie classique, fil à fil, popeline de coton ou polycoton. Nous les agrémentons de tissus particuliers comme le wax et le bazin, un de mes tissus préférés.

Il n’est pas évident de renouveler une pièce aussi standard que la chemise. D’où vient votre inspiration ?

Effectivement ce n’est pas aisé de renouveler la chemise de prime abord.Du moins, c’est ce qu’on pourrait penser. Mais en réalité, c’est le challenge de la mode masculine. A la fois classique et offrant tellement de possibilités. Il y a tellement de propositions à faire. J’aime particulièrement les vêtements pour homme. Et la chemise est produit à la fois élégant et décontracté, cool, adaptable à tous les styles. Tout est dans le détail pour l’homme. Cette subtilité est intéressante. Je m’inspire du moment, d’envies, de détails de la vie quotidienne, de couleurs, d’une scène de film, d’une discussion …de l’Afrique, de l’Europe.

Qui l’homme, mais aussi la femme KÉVÉ ? Comment l’imaginez vous ?

Il est beau, intelligent, actif …(rire). L’homme Kévé est un homme élégant, qui a ce souci du détail sans trop en faire. Il se soucie de l’histoire que raconte kévé, du made in Africa. Il apprécie d’être bien dans ses vêtements, les belles matières… Il est de toute origine, toute orientation confondue. La femme Kévé est belle, intéligente, active… C’est une femme qui s’assume, qui mène plusieurs vie en une. 

Vous avez eu l’occasion de participer à l’African Fahsion Week London, pouvez-vous nous parler de cette expérience?

AFWL a été la première rencontre avec le public. C’était une bonne expérience. Intense et riche. C’était le premier défilé de la marque également. Moment fort en émotion. Cette expérience nous a ravie et confortée dans cette aventure. Les londoniens ont été très réceptifs.

Quelles ont été vos inspirations pour la création de votre dernière collection?

La dernière collection présentée s’appelle Authentic Sun. C’est un clin d’œil au soleil bien aimé et tant attendu en Europe. Le soleil c’est aussi L’afrique. Authentique, pour la marque Kévé dans son ensemble. Nous voulons travailler dans de bonnes conditions avec nos partenaires africains. Kévé est franco-togolaise comme ses créateurs. Nous employons des ressources humaines et matières africaines. C’est simplement pour rappeler que nous ne surfons pas sur une « vogue » : La mode ethnique parce que c’est été et que l’afrique sonne vacances ou que le wax est à la mode. Nous voulons tout simplement mettre en valeur les richesses du continent. Kévé est « authentic ». Notre inspiration c’est l’Afrique est sa culture.

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Pour le nom de vos modèles, vous choisissez des villes africaines (Accra, Lagos, Lomé…) et européennes (Madrid, Londres…) très spécifiques, qu’est ce que ces villes représentent pour vous?

Nous avons donné à ces modèles le nom de grandes villes africaines car les modèles sont «cosmopolites ». Ils nous ont fait penser à ces villes qui ont ces caractéristiques d’être multiculturelles et ouvertes sur le monde. On retrouve d’ailleurs les chemises Kévé un peu partout dans le monde, car la clientèle est internationale. Les chemises kévé plus affirmées « afro » portent les noms de Lomé, Lagos ou Accra. Le nom des villes d’Europe ont été données aux modèles uni ton sur ton toujours métissé avec le bazin.

Trois objets que vous amèneriez dans une ile déserte? 

Un Kit de couture, mon portable avec l’acces aux mails, une photo de famille.

Pour ou contre le sac à main pour homme?

Pour!

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait être designer?

Il faut croire! C’est très important de croire en ses rêves et ses projets. Tout est réalisable même les plus fous. Il faut bien préparer son travail, aucune négligence, être soutenu et entouré, parler de son projet autour de soi, être patient et à l’écoute.

Si je vous dit afro inspiration?

La Famille!

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Elodie et Olivier BADOHOUN

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