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Certains ne le savent pas encore, mais j’aime l’Histoire au même titre que j’aime le foot. Et si la Coupe du monde est une formidable vitrine pour les meilleurs joueurs de la planète, il y a cependant une contrepartie plus triste à découvrir, soit les grands joueurs qui n’ont jamais pu y participer. Je tenais donc à remettre un peu sous les feux de la rampe quelques joueurs dans l’histoire du foot qui ont su faire vibrer les foules en championnat, mais qui n’ont jamais eu la chance de participer à la grande messe mondiale du foot.

-Ian Rush: Attaquant gallois et capitaine légendaire du Liverpool FC durant sa glorieuse période des années 80, il est également le deuxième meilleur buteur de l’histoire de la sélection galloise (derrière évidemment Gareth Bale) avec 28 buts en 73 sélections entre 1980 et 1996. Son abnégation et son sens de l’anticipation n’ont cependant pas été suffisant pour qualifier le pays de Galles à la Coupe du Monde.

-Bernd Schuster: Milieu offensif allemand qui fût un des rares à avoir joué comme titulaire à la fois au Barça, au Real Madrid et à l’Atletico de Madrid au cours des années 80 et 90, il aura manqué la Coupe du Monde à cause de son attitude et de son comportement. Il a pourtant fait des débuts prometteurs avec l’Allemagne de l’Ouest en 1979 alors qu’il n’avait que 20 ans et il a fait partie de l’effectif qui a remporté l’Euro en 1980 où il a aussi gagné le Ballon d’argent du deuxième meilleur joueur de la compétition. Ses conflits avec l’entraîneur de la sélection allemande Jupp Derwall, ses coéquipiers, pour ne pas dire l’autorité en général, auront hélas limité à 24 sélections sa carrière internationale.

-Abedi Pelé: Hé oui, un joueur africain! Mais pas n’importe lequel. Ce superbe meneur de jeu ghanéen, trois fois ballon d’or africain au début des années 90, a été membre de l’équipe des Black Stars qui a remporté la CAN de 1982 alors qu’il n’avait pas encore 18 ans. Il a aussi contribué à la conquête du trophée de la Ligue des Champions avec l’Olympique de Marseille en 1993, dernière victoire en date d’un club français dans cette compétition. S’il n’a jamais pu se rendre jusqu’à la Coupe du Monde, ses fils André et Jordan Ayew y sont parvenus en 2010 et 2014.

-Ryan Giggs: Célèbre ailier gauche avec Manchester United où il a évolué pendant 23 ans, détenteur du record de passes décisives en Premier League et second joueur dans l’histoire à avoir remporté le plus de titres (35) derrière le brésilien Dani Alves, sa force de caractère, son leadership autant que son talent n’auront pas permis au pays de Galles à participer ni à l’Euro, et encore moins à la Coupe du monde. C’est dommage car il est passé si près d’y accéder à quelques reprises.

-Liam Brady: Un joueur qu’Olivier Brett aurait certainement voulu voir à la Coupe du monde. En effet, cet Irlandais avait annoncé sa retraite internationale lors de la ronde des qualifications pour le Mondial de 1990 qui s’est déroulé dans le pays où il a joué pendant la majeure partie de sa carrière: en Italie. Contre toute attente, l’Eire est parvenu à obtenir son premier billet pour la grande compétition quelques mois plus tard, et malgré sa demande de réintégrer l’équipe nationale, l’entraîneur Jack Charlton a refusé de le rappeler. Quelle cruelle ironie pour ce technicien élégant au milieu de terrain qui a fait carrière en Série A avec la Juventus, la Sampdoria et l’Inter Milan durant les années 80.

-George Best: L’Irlande du Nord a réussi à accéder à deux reprises à la Coupe du monde, soit en 1958 et en 1982. Au cours des 24 années séparant leurs deux participations, ce pays a pourtant bénéficié de la présence de l’un de ses meilleurs représentants en George Best. Pour cet attaquant illustre de Manchester United, qui fût sans doute l’un des meilleurs avants-centres du monde au cours des années 60, sa vie privée très rock’n roll aura malheureusement eu le dessus sur sa carrière sportive. Dévoré par l’alcool et le jeu, Best avait 36 ans lorsque l’Irlande du Nord s’est qualifié pour la Coupe du monde de 1982. Mais il n’était plus alors qu’une épave, jouant à la pige ici et là pour encaisser les chèques, depuis son congédiement de Manchester United qui l’avait amené en NASL aux États-Unis au cours des années 70.

-Éric Cantona: “Éric the King”, comme on l’a surnommé en Angleterre, avait un flair et un sens du timing qui ont suscité l’enthousiasme sur la pelouse lorsqu’il a évolué comme attaquant à Auxerre, Marseille, de même qu’avec Leeds United et Manchester United.  On ne peut toutefois en dire autant en sélection nationale avec les Bleus, où son bouillant caractère, son attitude imprévisible et ses déclarations chocs ont initié autant de polémiques que de buts marqués. On se souvient de son retentissant “sac à merde” lancé à la figure du sélectionneur de l’équipe de France, Henri Michel en 1988, ce qui lui a valu une suspension d’un an. De retour en 1989 alors que Michel Platini a remplacé Henri Michel, Cantona enchaîne les buts, mais ne peut aider les Bleus à se qualifier au Mondial de 1990. Même chose en 1994 alors que la France perd ses deux derniers matchs de qualifications contre toute attente face à Israël et ensuite la Bulgarie qui a marqué le but de la victoire dans les arrêts de jeu. Si la sélection tricolore a su prendre sa revanche en devenant champion du monde en 1998, ce fût sans Cantona, qui avait pris sa retraite un an auparavant alors qu’il n’avait que 31 ans.

-Laszlo Kubala: Né en Hongrie, cet attaquant qui fût l’une des premières stars du FC Barcelone dans les années 50 a exercé un tel pouvoir d’attraction que le stade des Corts et ses 60 000 places ne suffirent plus pour accueillir les fans catalans, ce qui a mené à la construction du Camp Nou en 1958. Considéré comme l’ancêtre de David Beckham pour sa manière de tirer les coups francs, Kubala a porté également les couleurs de la Tchécoslovaquie, de la Hongrie malgré qu’il ait fui le régime communiste, et l’Espagne. Pourtant, jamais il n’a pu participer à la phase finale de la Coupe du Monde. Il manqua de fait sa seule chance avec la sélection espagnole en 1962 des suites d’une blessure. Ce sera finalement à titre de sélectionneur de la Roja que le troisième meilleur buteur de l’histoire du Barça a pu prendre part au Mondial en 1978.

-George Weah: Unique joueur africain à avoir remporté le Ballon d’or en 1995, cet attaquant à la fois rapide, puissant et diaboliquement efficace a marqué les années 90 au sein notamment de l’AS Monaco, le PSG et l’AC Milan avec lesquels il a remporté plusieurs titres. S’il fût un véritable emblème sur le continent africain, il est également la preuve qu’un homme seul, aussi doué soit-il, n’est pas une garantie de qualification à la Coupe du monde pour son pays. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé, alors qu’il a investi son propre argent pour aider la sélection nationale du Liberia lors des qualifications de 2002, qui était alors assez loin du niveau de d’autres pays africains confirmés. Et il a bien failli réussir alors que la sélection libérienne a terminé à un seul point derrière le Nigeria dans son groupe. Jamais plus le Liberia n’aura été aussi proche de participer au Mondial. Maintenant président nouvellement élu dans son pays natal, George Weah pourrait bien un jour voir son fils, Timothy Weah, participer à la Coupe du monde avec les États-Unis.

-Alfredo Di Stéfano: Difficile à croire, mais l’un des meilleurs joueurs de l’histoire du foot, reconnu pour être charismatique et complet, ce père fondateur des succès du Real Madrid vers la fin des années 50, n’a jamais participé à la Coupe du monde. Pour ce double vainqueur du Ballon d’or né en Argentine, il est très tôt sélectionné au sein de l’Albiceleste en 1947. Seulement voilà, l’Argentine a refusé de participer aux tours de qualifications pour les éditions de la Coupe du monde de 1950 et 1954. Naturalisé espagnol en 1956 à la suite de son transfert au Real Madrid, celui que l’on surnomme “La Flèche Blonde” n’a pu réussir à aider la Roja à obtenir son billet pour la Suède, qui était l’hôte du Mondial en 1958, et ce au détriment de l’Écosse lors des qualifications. Une dernière chance s’est offerte à lui en 1962 alors que l’Espagne s’est finalement qualifié, mais il est victime d’une déchirure musculaire lors d’un match préparatoire et a assisté impuissant à l’élimination de l’Espagne au premier tour de la compétition disputé au Chili.

-Gareth Bale: Certes, il est toujours actif, mais après avoir vu cet ailier offensif participer à son premier Euro en 2016 où il a largement contribué aux succès de la sélection galloise, éliminée en demi-finale par le Portugal, on ne peut que se désoler que Gareth Bale ne soit pas présent à la Coupe du monde. Pour celui dont le profil est souvent comparé à son compatriote Ryan Giggs, il lui restera encore une chance pour amener les Gallois au Mondial qui sera disputé au Qatar en 2022, alors qu’il aura 32 ans, bien que les chances restent minces. À moins qu’il ne soit encore en forme pour celle de 2026, première Coupe du monde réunissant 48 pays, ce qui ouvrirait enfin une porte pour une première participation du Pays de Galles? À suivre…


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