Dans notre série de portraits de révélations possibles de cet été, le profil d’Emannuel Emenike détonne et interpelle.

Quand on évoque les cas de joueurs de haut-niveau haut dessus du lot, très vite devenus pros et promis aux plus belles carrières, on ne pense pas du tout à l’international nigérian. Au delà de l’âge déjà avancé d’une possible découverte (27 ans), c’est surtout le parcours atypique et cabossé du joueur qui est totalement différent des autres.

Les premières traces que l’on a du footballeur remonte à l’année 2008. Âgé de 21 ans, il évolue en Ligue 2 nigériane dans le tout petit club Delta Force. Largement au dessus du niveau local qui se situe entre la DH et les championnats corpos, il est rapidement transféré vers l’ Afrique du sud aux Mpumalanga Black Aces. Premier tremplin pour l’attaquant de 22 ans, qui ne rate pas l’opportunité de se faire remarquer. Le FC Cape Town est séduit par le joueur aux statistiques excellentes. Aligné titulaire à la pointe de l’ attaque du club, il ne marquera qu’un seul but à la trêve. Suffisant pour que certains agents entendent parler de lui. Par le biais de certains d’entre eux, son contrat est racheté par Karabukspor en deuxième division turque. Début d’un nouveau destin et d’une nouvelle vie en Europe.

Au sein du club turc, il va enfin exploser. Avec 16 buts en 28 matchs, il participe activement à la remontée en SuperLig. La saison suivante, malgré une blessure qui l’éloignera la majeure partie de l’année, il inscrit 14 buts. Fenerbahce, impressionné par le talent d’ Emenike, décide de sortir 9 millions pour recruter l’attaquant. Néanmoins, la belle histoire va s’assombrir. Deux mois à peine après son arrivée, il est accusé d’avoir simulé une blessure lorsqu’il jouait avec son ancien club à la demande de… Fenerbahce ! Sa situation est intenable, il doit s’exiler. Ce sera vers la Russie et le Spartak Moscou plus particulièrement.

Dans le championnat russe, Emenike va flamber. En l’espace de deux saisons, il marque à 21 reprises en 42 rencontres, soit 0,5/but par match. Stephen Keshi, le sélectionneur du Nigéria l’appelle en 2011. Pour sa seconde convocation, il inscrit son premier but face à l’Argentine. Malgré des performances de grande qualité en Ligue des Champions notamment, il repart vers la Turquie. Débarrassé de ses problèmes judiciaires, il revient plus fort avec la volonté de tout emporter sur son passage et faire taire les critiques et quolibets.

L’année 2013 va être l’année la plus faste pour Emmanuel. Titulaire chez les Super Eagles nigérians à la CAN 2013, l’attaquant finira le tournoi avec le titre de meilleur buteur de la compétition. Le Nigéria, de son coté, remportera sa troisième Coupe d’Afrique des Nations. Le début de la reconnaissance pour cet homme qui a surmonté un nombre important de galères pour y arriver. La saison passée confirmera ce renouveau. Champion de Turquie pour la première fois de sa carrière, il ajoute 12 buts et 6 passes décisives à ses états de service.

Coté jeu, Emenike est un attaquant rapide avec une frappe de balle assez extraordinaire car extrêmement puissante. Son jeu de tête reste perfectible. Si certains coachs ont tenté de le placer sur un coté, l’essai a été catastrophique, car le nigérian est trop attiré par l’axe et le but en lui-mime. Doté d’une confiance en lui à toutes épreuves comme on vient de le constater, il doit désormais démontrer toutes ses qualités mondialement. Héritant d’un groupe homogène pour l’obtention de la seconde place (Argentine, Bosnie, Iran, Nigéria), les Super Eagles ont une belle carte à jouer durant ce Mondial. Histoire de prouver que le sacre de 2013 en Afrique du Sud n’était pas le fruit du hasard et pour Emenike de trouver un club à la mesure de son talent. La tache est rude mais pas impossible pour le Nigéria et son buteur patenté…