Olivier Giroud ou le nouveau André-Pierre Gignac

Giroud ou le « nouveau » Gignac

À l’heure où les médias manquent de qualitatifs pour designer l’ascension fulgurante d’Olivier Giroud, les spectateurs aguerris du Championnat de France, s’exaspère d’entendre à tout bout de champ, qu’il incarne la relève du football hexagonale. Décrit comme la future arme de destruction massive des bleus, le jeune montpelliérain, est victime comme beaucoup d’autres avant lui, du cirage de pompe « kiwi » de nos très chers journalistes.

Peu fièrs d’avoir brisé des carrières prometteuses, comme celles des Yoann GOURCUFF, Camel MERIEM et plus récemment « Dédé » GIGNAC, nos chers médias, ont le chic pour enjoliver les prestations positives de joueurs en devenir, n’hésitant pas à faire preuve de la même opiniâtreté afin de les tuer «fooballistiquement» parlant, quelques petits matchs ratés plus tard… Ces exécutions sommaires arrivent fréquemment, et cela, dès lors que les athlètes encensés ne confirment pas les espoirs démesurés placés en eux.

Il est indéniable que Giroud a les prédispositions d’un avant-centre de talent, le classement des buteurs étant, pour sa part, assez explicite… Cependant, avant même qu’il n’ait pu confirmer sur une période conséquente son potentiel, presses et consorts, se sont empressés de bouleverser la hiérarchie en place, incitant avec un aplomb à peine dissimulé, Laurent Blanc, à remanier son effectif; exhortant presque le sélectionneur à retenir et titulariser d’office le natif de Chambéry. Le profil du gendre idéal que représente Giroud est une caractéristique amplificatrice du lobbying actuel. Dépassé les « caïds immatures », ciao «Francky» en pleine bourre avec le Bayern, bienvenue à toi, mon bel Olivier, qui a su planter plus de 10 buts dans ce championnat français si relevé. L’histoire à démontrée à de nombreuses reprises que la « surcotation » de nos sportifs, avaient comme effet néfaste, de créer de faux « nouveaux Zizou », qui cristallisaient, malgré eux, l’espoir d’un peuple nostalgique. Une pression si forte qui amène souvent à la destruction prématurée de nos nouveaux talents. Une majorité de badauds, inconditionnels des bleus, qui croient que la « ligue 1» compte dans ses rangs, pléthore de joueurs de classe mondiale, encouragent les médias, à leur détriment, à survendre les espoirs qui foulent les pelouses du Championnat de France.

Je me souviens d’un Djibril CISSE, ratant son départ pour l’Euro 2008, à cause du même type de mentalité arrêté : « tout beau, tout nouveau ». À l’époque, la nouvelle recrue de la Lazio de Rome a vite déchanté, martyr d’un Bafé GOMIS réaliste et inspiré qui inscrit, ce 27 mai, à Saint-Denis, un doublé d’anthologie contre l’Équateur. CISSE qui était pourtant l’homme décisif des éliminatoires de ce championnat d’Europe des nations, a vu une nouvelle fois l’avion partir sans lui, la faute à Bafétimbi, plus en vogue et opportuniste à ce moment-là. Les plus érudits se souviennent de la prestation fantomatique de l’attaquant lyonnais lors du match contre l’Italie quelques jours plus tard… Le jeune GOMIS a mis des saisons avant de se remettre de cette contre-performance, quant à CISSE… 2 internationaux pulvérisés en un seul coup!

Pas plus vite que la musique…

Il faut savoir qu’un diamant brut doit être poli avec patience et dextérité, sans quoi il aura des défauts grossiers incorrigibles. N’oublions pas que des joueurs ultras précoces comme Messi, Rooney, C.Ronaldo ont été protégés de la pression médiatique par leur entraîneur respectif. Ces « phénomènes » du ballon rond, ont été traité avec précaution, laissés mûrir tels de bons vins, au sein de cocons immunisés du venin journalistique. 15 minutes de temps de jeu par ci, une non-titularisation par là, ces 3 vedettes actuelles du football mondial, ont copieusement testé les sièges baquets du banc de touche, avant de pouvoir prétendre à une place de titulaire indiscutable;  aucun d’entre eux ne s’est vu remettre les clefs de leur équipe au bout de la première saison. De ce fait, le rôle qu’occupe l’entraîneur dans l’épanouissement du jeune technicien prodige s’avère être crucial. René Girard se doit d’être vigilant dans l’émancipation de son poulain et cela autant au niveau psychologique que physique.Il est primordial de veiller doublement à la protection des chevilles de son protégé, car elles ne doivent, en période de fortes turbulences, ni se fracturer, ni « gonfler »…

La ligue 1 peut tout de même compter sur certains clubs afin de sortir de temps à autre des pépites éblouissantes tel les BENZEMA, M’VILLA et BEN ARFA, qui ont pu évoluer à un excellent niveau en France! Cependant petits et gros budgets, peinent à mener à maturation leurs talents, qui sont souvent vendus, à la va-vite, pour une bouchée de pain à des clubs étrangers. On connaît la suite, reformé, bichonné et ménagé notre diaspora explose les statistiques en dehors de nos frontières, les grosses écuries européennes se frottant les mains après avoir puisé à moindre coût dans notre vivier.

Il ne faut surtout pas confondre potentiel, forme du moment et expérience. Car une valeur sûre peut vous décevoir sur plusieurs Matchs, mais un jeune joueur prometteur, sur toute une carrière.

Cet article a été rédigé par Lolo Laflèche 
Bio de Lolo Laflèche : Diplomé en Sciences du travail, Fondateur du site www.sportlien.fr et Co-Fondateur de la page Youtube http://www.youtube.com/user/Hiphopeskual

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commentaires

2 COMMENTS

  1. Article très enrichissant! Les journalistes sont effectivement un des facteurs négatifs qui entraine les mauvaises prestations de certains joueurs!

    • Je suis bien d'accord avec toi. Notamment sur la perception que l'on a d'un joueur. C'est comme s'ils créaient une "histoire" du joueur et réinterprétaient tout en fonction de ce scénario!

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