Cours Patrice! Cours!

Souvenez — vous de ce 19 décembre 2011, date charnière dans l’histoire de l’Impact de Montréal. Je veux bien sûr parler de l’acquisition du milieu de terrain Patrice Bernier. Le natif de Brossard exposait en conférence de presse l’impatience qui l’animait au moment de revêtir à nouveau l’uniforme bleu, blanc et noir du onze montréalais pour son entrée dans la MLS. Un simple coup de marketing disaient les sceptiques. Un nouveau virage sportif s’extasiaient les plus optimistes. Mais Patrice Bernier ce sera plus que cela.

On ne se le cachera pas, génération Y mise à part, tous les partisans n’ont pas eu la chance de voir jouer Bernier lors de son premier passage à Montréal : nous étions dans les années 2000 et l’Impact jouait au centre Molson dans la défunte A-League. Bien loin des affluences du stade Saputo aujourd’hui. Pour les plus jeunes, Bernier c’était un peu le « Keyser Söze du soccer québécois ». Après son départ pour l’Europe beaucoup de récits de ses exploits nous parvenaient, mais combien de personnes pouvaient dire réellement qu’elles l’avaient vu joué?

Était-il gaucher ou droitier? Comment jouait-il? La comparaison avec le personnage principal de Usual Suspects s’arrête ici. Bernier allait à lui seul personnifier le visage du soccer au Québec à travers son parcours au sein du onze Montréalais.

Patrice Bernier c’est le joueur qui attise les passions autour de sa présence sur le terrain. Les passionnés voyaient en lui un nouveau Maurice Richard et manifestaient coûte que coûte sa présence sur le pré. Du quartier de Brossard à la Scandinavie en passant par l’Impact de Montréal, le milieu de terrain a connu différents statuts à son retour dans sa ville : de fils prodigue rentré aider Jesse Marsch et l’équipe à grandir, à joueur de l’ombre cantonné à d’obscures tâches défensives sous Marco Schallibaum, paria cantonné au banc de touche sous Franck Klopas et pour finir capitaine-courage sous Mauro Biello. Son destin c’était de partir, de revenir, de s’asseoir, se relever, mais sans jamais se coucher. Nous prouver jour après jour ce que le talent veut dire. « Fais tes projets en silence, la réussite se chargera de faire du bruit. »

Lui, c’est Patrice Bernier, l’homme qui montre aux amateurs de soccer petits et grands, jeunes comme vieux, que le soccer c’est plus qu’une passion. C’est l’expression sur le terrain de ce que nous sommes réellement dans la vie. Et si jamais il vous arrivait de douter de ce fils d’immigrés haïtiens devenu capitaine du club phare de sa ville, regardez-le du haut de ses 36 printemps, galoper quand il marque, bombant fièrement le torse et se frappant la poitrine après un but comme celui contre Toronto en octobre dernier après 2 ans de disette! Comme si le temps n’avait pas d’emprise sur lui. Comme s’il n’était jamais parti! Patrice Bernier c’est le Québec qui lutte, Patrice Bernier c’est le Québec qui gagne. Cours Patrice! cours… et avec toi les milliers de partisans qui à travers toi vivent et ressentent ta joie de contribuer à faire du soccer, le plus beau sport au monde!


Cet article a été rédigé par Freddy Amegavie, Analyste TV de soccer pour les Carabins de l’université de Montréal. Il vous livre les dernières dépêches de vos athlètes du RSEQ au KAN Football Club.

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