“Donner une chance aux talents” : À la rencontre de Mr Afrostream par Samantha Etane

A 34 ans, Tonje Bakang est un jeune homme dynamique, intelligent mais surtout plein d’ambition. Cet amoureux du cinéma n’en n’est pas à son premier essai avec AFROSTREAM : « L’envie d’entreprendre a toujours été là et à l’âge de 13 ans j’ai compris que ce que je voulais, c’était de raconter des histoires».

Il découvre grâce à son père les grands hommes africains et son désir est de partager avec ses camarades, afro ou non, cette fierté que son père lui a inculqué.En grandissant les seuls modèles noirs qu’il voit dans les medias viennent des Etats-Unis : le Cosby Show et Le Prince de Bel Air sont quelques unes des séries que le jeune Tonje affectionne particulièrement.

Vers 1996 il commence à travailler comme régisseur sur des tournages de films et de clips notamment au sein du Fokal, une maison de production parisienne créée par le réalisateur d’origine camerounaise Skwall. Dans les années 90, Skwall a le vent en poupe ; c’est l’époque des premiers clips de Fabe, K-reen, Arsenik… Tonje Bakang voit en Skwall un véritable modèle de réussite du quel il peut inspirer ; en effet, Skwal un peu le Hype Williams du hip-hop français, ils réalisent des clips pour tous, ou presque. Il côtoie aussi Kenzy, manager du collectif Secteur A, de qui il apprendra beaucoup.

Mais Bakang veut aller plus loin, il veut faire quelque chose qui aura un grand impact dans sa communauté. Inspiré par le Def Comedy Jam de Russell Simmons et Stan Lathan, il prend des cours de théâtre et se lance dans l’aventure “stand-up” à la française. C’est ainsi que nait le « Comic Street Show » dont le concept sera ensuite “repris” par Jamel Debbouze pour son « Comedy Club ».

Tonje Bakang

Tour à tour producteur, comédien, talent scout – il a notamment découvert le Comte de Bouderbalat – le jeune homme est un véritable fonceur : « Quand quelque chose n’existe pas, j’ai envie de le créer » dit-il. « Je veux toujours aller plus loin dans ma démarche. Il a étudié la comédie pour mieux comprendre le jeu d’acteur, étudié le style d’écriture à l’américaine avec des groupes d’auteurs pour mieux comprendre les rouages de la mise en scène et aujourd’hui AFROSTREAM.

A t-il été surpris que TF1 l’approche pour le fameux partenariat ? Non, il croyait en son projet et savait qu’il était viable, “Dès la première année, la page Facebook a attiré des dizaines de milliers de fans” rajoute t-il. Des fans heureux de découvrir une nouvelle plateforme donnant une place de choix à un cinéma encore sous-estimé et mal distribué auprès du public français. Pour lui, ce partenariat est aussi une validation du travail de qualité de l’ équipe AFROSTREAM.

Au delà d’un simple Netflix pour films afros, AFROSTREAM se veut une plateforme de distribution des cinémas noirs. Il n’y a pas de limite, ni de sélection stricte. Du Timbuktu à Selma en passant pour Take Five de Chris Rock, on y retrouve de tout et pour tous les goûts. Nous aurons aussi droit à des productions originales signées AFROSTREAM. Le but est de permettre à des talents émergeant pour leur donner une chance de réaliser des films.

Une chose est certaine, Tonje Bakang veut utiliser le numérique pour permettre aux films afros d’être distribués et être vus. Il souhaite qu’AFROSTREAM soit très rapidement disponible sur plusieurs territoires de l’Afrique à l’Amérique.


Cet article a été écrit par Samantha Etane

Bio de Samantha: Amoureuse d’images et de mots, je puise mon inspiration dans ce que je vois, vis et entends. J’ai aussi un petit faible pour les voyages, le cinéma brésilien et Yaya Touré.

Twitter:  @SamanthaEtane

Blog: Tamsam

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